La lutte contre la déforestation liée aux importations de produits agroalimentaires se concrétise en France et Europe

Selon Greenpeace, l’Europe est responsable de plus de 10 % de la déforestation mondiale en raison de ses importations de produits agricoles. [Richard Whitcombe/Shutterstock]

Avec la coopérative Cooperl, un premier fabricant d’aliments français a signé cette semaine le « Manifeste des acteurs français pour lutter contre la déforestation ». La nouvelle intervient alors que la Commission européenne prépare une loi contre la déforestation importée.

L’annonce a été saluée par les organisations de défense environnementale : cette semaine (26 octobre), la coopérative de porc française et fabricant d’aliments pour animaux Cooperl a signé le « Manifeste des acteurs français pour lutter contre la déforestation ».

Ce Manifeste (aussi appelé « Manifeste de soja ») créé fin 2020, est le résultat d’un engagement commun des grands distributeurs français pour mettre fin aux pratiques de déforestation en lien avec la production de soja. Les signataires s’engagent notamment à intégrer des clauses contractuelles de non-déforestation dans leurs contrats avec les fournisseurs de soja.

L’association pour des forêts vivantes Canopée a salué l’engagement de Cooperl, qui reconnaîtrait ainsi « le rôle des fabricants d’aliments dans la lutte contre la déforestation liée au soja ».

Comme le rappelle l’organisation environnementale, le soja est la première cause de déforestation importée par la France. Majoritairement destinée à l’alimentation animale en Europe, l’expansion des cultures de soja « est responsable de la destruction des savanes et forêts », notamment au Brésil, selon Canopée.

La France, sixième importateur européen de la déforestation

Problématique qui est actuellement au cœur des débats au niveau européen : en septembre, le président français Emmanuel Macron avait promis de faire de la lutte contre la déforestation importée une des priorités de la présidence française du Conseil de l’UE à partir de janvier 2022.

Pour sa part, la Commission européenne est en train de préparer une proposition de loi contre la déforestation importée. Comme le rappelle l’ONG Greenpeace, « en raison de ses importations de produits agricoles, l’Europe est responsable de plus de 10 % de la déforestation mondiale qui touche l’Amazonie, le bassin du Congo ou encore l’Indonésie ».

Selon l’ONG de protection de l’environnement WWF France, les importations de l’UE représenteraient même 16 % de la déforestation liée au commerce mondial, « ce qui en fait le deuxième destructeur mondial de forêts tropicales derrière la Chine et devant les Etats-Unis ».

Qui plus est, les huits plus grandes économies européennes seraient responsables de 80 % de cette déforestation importée, la France se classant 6ème de ce palmarès peu flatteur après l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, selon l’ONG.

Alors que les trois quarts des consommateurs européens souhaiteraient que l’UE n’importe et vende que des produits durables et sans impact sur la biodiversité, comme le rappelle le WWF dans un communiqué publié ce 27 octobre, des engagements forts sont donc attendus par la Commission européenne qui devrait publier une proposition d’ici la fin de l’année.

L’institution devrait notamment proposer d’étendre le règlement européen sur les importations illégales de bois pour y inclure le soja, l’huile de palme, le bœuf, le cacao et le café, soit les principaux produits responsables de la déforestation importée, selon le média de veille agricole Agra Europe.

Passer des intentions aux actes

En attendant, ce sont les signataires du « Manifeste de soja » qui sont appelés à agir. « Nous accueillons favorablement la démarche de Cooperl de ne s’approvisionner qu’en soja non issu de la déforestation », a réagi le directeur Europe de l’ONG de lutte pour les forêts Mighty Earth, Nico Muzi, à l’engagement de la coopérative. « Mais c’est sur ses actions qu’elle sera jugée, pas sur ses intentions. »

La coopérative devrait désormais signer de nouveaux contrats « spécifiant bien que le soja produit sur des sols convertis après la date butoir de 2020 […] ne sera plus accepté », selon M. Muzi. Cela serait là « le seul moyen de forcer les grandes entreprises de soja […] à arrêter de contribuer à la déforestation ».

La Coordination Rurale appelle à « empêcher l’irrigation importée »

Si la déforestation importée est devenue une préoccupation majeure dans l’UE, des mesures devraient également être prises pour éviter l’importation de l’irrigation « non-durable », exige le syndicat agricole français.

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