La Pologne refuse de sanctionner ses agriculteurs, malgré les appels de la part de Kiev

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Le gouvernement de Donald Tusk soutient les protestations des agriculteurs et maintient l’embargo unilatéral sur les céréales ukrainiennes. [EPA-EFE/DAREK DELMANOWICZ POLAND OUT]

Après qu’un groupe d’agriculteurs polonais a empêché trois camions de céréales ukrainiens de franchir la frontière, l’Ukraine a demandé à la Pologne d’enquêter sur ce « crime honteux ». Le ministre polonais de l’Agriculture, Czeslaw Siekierski, a affirmé qu’il ne prendrait aucune mesure à l’encontre des manifestants.

À l’instar de leurs homologues européens, les agriculteurs polonais protestent dans tout le pays contre les importations excessives de denrées alimentaires en provenance, notamment, d’Ukraine. En Pologne, le principal problème est que le marché intérieur est inondé de produits alimentaires ukrainiens, l’UE ayant suspendu les barrières commerciales à l’encontre de l’Ukraine, faisant mécaniquement baisser les prix.

Dimanche (11 février), des agriculteurs manifestant sur le poste-frontière de Dorohusk ont empêché trois camions ukrainiens transportant des céréales d’entrer en Pologne. Ils ont également forcé l’ouverture des camions et déversé leur contenu sur la route.

L’ambassade d’Ukraine en Pologne a réagi en demandant à la police polonaise « d’enquêter sur ce crime honteux ». La police polonaise a engagé des poursuites, a-t-il déclaré, cité par Ukrainska Pravda.

« De telles méthodes ne devraient pas être tolérées dans un pays européen civilisé, sans parler de l’aspect moral de cette provocation », a déclaré M. Zvarych.

« Les autorités polonaises devraient réagir de manière décisive sur le plan juridique à ce crime honteux et offensant pour les Ukrainiens et la plupart des Polonais, et ne pas autoriser de telles actions barbares à l’avenir », a-t-il demandé.

Le ministre polonais de l’Agriculture, Czesław Siekierski, a admis à la chaîne publique TVP que le comportement des agriculteurs protestataires était « inapproprié, répréhensible et trop émotionnel ».

Il a néanmoins indiqué qu’il ne prendrait aucune mesure à l’encontre des manifestants : « Des situations similaires se produisent lors des manifestations d’agriculteurs dans de nombreux pays européens. Il arrive souvent que les agriculteurs jettent des produits alimentaires », a-t-il insisté.

La Pologne met en place des contrôle sur les importations ukrainiennes

La Pologne a introduit des contrôles plus stricts des produits agroalimentaires à la frontière ukrainienne afin de protéger son marché intérieur d’un afflux incontrôlé de produits ukrainiens, a déclaré ce week-end le vice-ministre de l’Agriculture Michał Kołodziejczak.

Le ministre souhaite élargir l’interdiction des importations

La libéralisation des règles commerciales avec l’Ukraine dans le cadre des « corridors de solidarité », récemment prolongée par la Commission jusqu’en 2025, a entraîné un afflux important de plusieurs produits ukrainiens en Pologne.

« Ces produits auraient dû transiter par les pays tiers. Au lieu de cela, ils sont restés sur le marché européen, qui est très attractif et bien rémunéré », a déclaré Jacek Zarzecki de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles à Euractiv Pologne.

Cela a conduit à une chute des prix et de la demande pour la production nationale polonaise, qui a été remplacée sur le marché polonais par des aliments ukrainiens de moindre qualité, étant donné que les agriculteurs ukrainiens ne sont pas tenus de respecter les normes de production européennes.

Le gouvernement de Donald Tusk soutient les protestations des agriculteurs et maintient l’embargo unilatéral sur les céréales ukrainiennes. Il est également ouvert aux appels visant à étendre l’interdiction à d’autres groupes de produits.

« Si cela ne tenait qu’à moi, et c’est ce que j’ai proposé au Premier ministre Donald Tusk, j’imposerais des limitations aux importations de sucre, de framboises congelées et de jus de pomme », a déclaré la semaine dernière le ministre adjoint de l’agriculture, Michał Kołodziejczak, lui-même ancien agriculteur activiste.

Il a déclaré que le gouvernement discutait de la question avec ses homologues ukrainiens, mais que Kiev ne partageait pas son objectif de réduire les importations de denrées alimentaires ukrainiennes en Pologne.

« Pour l’instant, je suis l’ennemi numéro un dans les discussions avec la partie ukrainienne », a déclaré M. Kołodziejczak.

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