La présidence irlandaise espère boucler la réforme de la PAC

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Dublin prend les reines de l’Union européenne pour les six prochains mois. Finaliser l’accord sur l’avenir de l’agriculture est l’une de ses priorités, alors que les négociations patinent.

Avant de partir en vacances, les ministres de l’Agriculture se sont retrouvés à Bruxelles pour une dernière réunion, mercredi 19 décembre.

Malgré le concert de louanges sur le bilan de la présidence chypriote de l’Union européenne, les Vingt-Sept sont encore loin d’un accord sur l’avenir de la politique agricole commune.

Chypre a bien tenté de rapprocher les points de vue, mais rien n’est encore bouclé. Lors du tour de table, chaque Etat a relevé, au regard de ses intérêts nationaux, les insuffisances du rapport d’étape : trop de mesures écologiques, faiblesse du budget, sanctions trop élevées, flexibilité insuffisante…

Aller vite après le budget

A partir du 1er janvier, l’Irlande prend en main les négociations. Lors de la présentation du programme de la présidence, le ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité d’obtenir un accord sur la réforme de la PAC pour 2014-2020 d’ici le 30 juin, date de la fin du mandat de Dublin.

Simon Coveney souhaite que le dossier de la nouvelle politique commune de la pêche (PCP) soit aussi bouclé. Le Parlement européen est législateur, à égalité avec les Etats, dans les deux cas.

Pour la PCP, la procédure avance normalement. Mais les négociations sur la PAC patinent à cause de l’absence d’accord sur les perspectives financières de l’UE. 

M. Coveney se veut pourtant rassurant. « Nous pouvons travailler sur les principes généraux des politiques (…). Ainsi, nous serons prêts à aller très vite » une fois l’enveloppe financière connue.

Un sommet est prévu au début de l’année 2013, mais l’optimisme n’est pas de mise. Le ministre de l’Agriculture français, Stéphane Le Foll, a déclaré, début décembre, que la réforme de la PAC pourrait être décalée d’un an.

Selon des sources officielles bruxelloises, les mesures les plus ambitieuses proposées par la Commission européenne, comme le conditionnement des aides au respect de critères environnementaux, pourraient faire les frais de coupes budgétaires, au grand dam des organisations de défense de l’environnement.

Ton ferme

« Les Etats membres font tout pour diluer les propositions de la Commission, alors qu’en ces temps d’austérité, nous devrions essayer d’obtenir plus de résultats avec moins », souligne Trees Robijns de l’ONG Birdlife Europe. « Ce verdissement de façade ne sera pas accepté par les opinions publiques. » 

Du côté des professionnels, le ton monte aussi. Ainsi, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la principale organisation française, a écrit à Stéphane Le Foll dans des termes très directs.

Mélanger les négociations sur le budget et sur la PAC « fragilise nos positions nationales », estime Xavier Beulin. Pour la FNSEA la priorité est de maintenir le budget de l’agriculture européenne.  

« Commencer à entrevoir des négociations qui sacrifieraient une partie du budget de la PAC contre des remises en cause des propositions du commissaire à l’Agriculture n’est pas une démarche responsable », ajoute-t-il.

L’exécutif européen souhaite conditionner 30% des subventions agricoles au respect de normes environnementales.

Pour M. Beulin, en stigmatisant les agriculteurs, l’Europe se trompe de débat : « L’agriculture mérite mieux que toutes ces considérations qui finissent par la montrer du doigt sous un aspect négatif : une politique agricole injuste, budgétivore, polluante. »

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