La réunion de l’UE sur le maïs transgénique aboutit à une impasse [FR]

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Hier (25 février), une réunion d’experts européens en biotechnologie a abouti à une impasse après que les participants ne sont pas tombés d’accord sur la question de savoir s’il faut ou non autoriser davantage de cultures génétiquement modifiées, ces dernières étant très controversées en Europe.

La décision incombe aux ministres européens, à qui les dossiers concernant deux types de maïs génétiquement modifiés vont désormais être envoyés.

Les maïs génétiquement modifiés examinés lors de la réunion étaient le maïs Bt-11, produit par le géant suisse Syngenta, et le maïs 1507, développé conjointement par Pioneer Hi-Bred International (filiale de DuPont Coand Mycogen Seeds) et une filiale de Dow AgroSciences. 

La décision ne fait qu’accentuer notre frustration, a indiqué Syngenta dans une déclaration. Le vote de ce jour, attendu de longue date, aurait pu marquer un tournant dans l’approche actuelle, lente et très politisée, de l’autorisation des cultures biotechnologiques en Europe.

Les fermiers ont cultivé du maïs Bt11 en toute sécurité et avec succès pendant une dizaine d’année en Argentine, au Brésil, au Canada, en Afrique du Sud, aux Philippines, en Uruguay et aux Etats-Unis, a ajouté l’entreprise.

Les nouveaux organismes modifiés destinés à la culture constituent la partie la plus controversée du débat sur les OGM en Europe, et aucun n’a été approuvé depuis 1998. 

Toutefois, depuis 2004, l’importation d’une série de produits modifiés utilisés comme produits alimentaires destinés aux hommes et aux animaux a été approuvée.

Le maïs 1507 est cultivé à des fins commerciales dans le monde entier depuis 2003, sans impact négatif sur l’environnement, la sécurité alimentaire ou la santé des consommateurs, a indiqué l’entreprise Dow dans une déclaration. 

Nous regrettons que les Etats membres n’aient pu procéder à un vote décisif, fondé sur des preuves scientifiques et le sens commun, a-t-elle ajouté. 

Toutefois, le groupe environnemental Greenpeace a déclaré que cette impasse reflétait le besoin de peaufiner le processus européen d’autorisation des cultures génétiquement modifiées, ce qui avait déjà été recommandé par les ministres de l’environnement. 

La Commission n’a pas du tout pris en considération ces recommandations, a déclaré Marco Contiero, militant de Greenpeace. On ne peut plus, selon lui, ne pas tenir compte des préoccupations des citoyens européens au sujet des OGM. 

Les Etats membres de l’UE ont tous les droits de garder un contrôle total sur ce qui pousse sur leur territoire jusqu’à ce que les recommandations pour une révision du processus OGM soient considérées sérieusement par la Commission, a-t-il ajouté. 

Alors que les diplomates indiquent que l’approbation d’une nouvelle culture génétiquement modifiée est presque impossible dans le climat européen actuel, si les ministres ne se mettent pas d’accord, les dossiers pourraient ensuite revenir à la Commission. 

En ce cas, la Commission mettrait probablement un terme à sa pratique habituelle de donner des autorisations par défaut pour dix ans. 

(EURACTIV avec Reuters

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