La société civile détaille ses propositions pour les états généraux de l’alimentation

Pas d’OGM, financer la bio, refuser les accords internationaux délétères… Cinquante ONG ont détaillé leurs propositions pour les États généraux de l’alimentation (EGA). Un article de notre partenaire le JDLE.

Sur le papier, ce n’est pas la révolution que prônent les 50 organisations [1] qui viennent de publier leur contribution aux États généraux de l’alimentation, en cours jusqu’à la mi-décembre. Pourtant, leurs 63 propositions sont pour la plupart révolutionnaires dans le contexte agricole, commercial et environnemental actuel. Il y est question d’une agriculture « qui réponde aux enjeux environnementaux et climatiques, créatrice de valeur dans les fermes et les territoires ruraux », de démocratie alimentaire, de capacité à vivre bien du métier de paysan, d’une chaîne agroalimentaire « qui préserve la santé et assure la bonne alimentation des producteurs et des consommateurs », de développement de l’emploi et de préservation des terres agricoles, de bonnes pratiques en matière de bien-être animal et de cohérence politique dans et hors des frontières nationales.

Après le débat, quelles propositions ?

Autant de thèmes que l’on retrouve, formulés autrement, dans les intitulés de certains ateliers des États généraux (voir ici). « À la veille des premières conclusions de la première phase, c’est le moment parfait pour remettre sur la table des propositions que nous portons depuis longtemps », précise Camille Dorioz, chargé du dossier Agriculture à France Nature Environnement.

Si la liberté de parole est « bonne » et les débats qualifiés de « pas houleux et constructifs », les ONG attendent de lire la synthèse qui va en être faite – laquelle devrait nourrir les annonces à mi-parcours d’Emmanuel Macron, les 10 ou 11 octobre prochains. « Nous attendons avec impatience ces premières conclusions pour voir si certaines de nos propositions sont retenues – ce qui signifiera que ce processus est réellement consultatif et démocratique – ou si les conclusions sont écrites d’avance », explique Camille Dorioz, qui siège à l’atelier 1, consacré aux attentes des consommateurs en termes de qualités nutritionnelles et environnementales. Dans le cas contraire, difficile toutefois de croire que les ONG pourraient claquer la porte des États généraux de l’alimentation, puisque la seconde phase est précisément consacrée… aux enjeux environnementaux et sociaux.

Contexte

Qui siège à ces États généraux de l’alimentation ? Malgré les demandes répétées de la presse et des organisations représentantes de la société civile –même celles qui y siègent !–, impossible d’obtenir du ministère de l’agriculture la liste des participants. Un manque de transparence que dénoncent les ONG, qui voudraient voir inscrites dans les comptes rendus de chaque atelier les expressions dissonantes. Une demande qui n’a pas été validée pour l’heure par le ministère de l’Agriculture.