La transition agricole utilise le crowdfunding pour créer du lien

Le financement participatif permet aux agriculteurs de développer des projets, mais aussi d’ impliquer les consommateurs.

« Un coup de pouce pour le sel de L’Héritier à Guérande », « Votre épicerie vrac, zéro déchet à Moutiers les Mauxfaits », « Parrainez des vignes bio pour aider Jérémy » ou « des fruits et des légumes frais ou que vous soyez ». Les projets agricoles et alimentaires pullulent sur la plateforme de financement participatif Miimosa.

Vers une politique alimentaire commune?

400 acteurs européens de l’agroalimentaire se sont rapprochés pour proposer une nouvelle architecture de gouvernance, dans l’espoir de créer une « politique alimentaire commune ».

Sur le modèle des géants du secteur tels que KissKissBankBank ou Ulule, la plateforme dédiée au financement participatif agriculture lancée il y a 4 ans permet aux agriculteurs de se financer auprès du grand public. Mais surtout des consommateurs finaux de leurs produits.

«  En s’appuyant sur Miimosa, les porteurs de projet vont pouvoir construire une communauté d’acheteurs », explique Nathanaelle Leshem de Miimosa. Pour financer un projet, deux solutions s’offrent aux agriculteurs. Celle classique du don avec contrepartie, qui permet en moyenne de récolter 6500 euros.

C’est l’option retenue par la majorité des agriculteurs, puisqu’elle permet de faire la publicité en offrant des contreparties. « Nous avons lancé une collecte sur Miimosa pour financer en partie l’achat d’une écrémeuse pour la fabrication de nos glaces artisanales » explique Dylan Sablé.

Crèmes glacées

Le jeune agriculteur travaille en famille sur une exploitation laitière dans le Morbihan. Et pour se diversifier, la famille Sablé s’est mise à la production de crèmes glacées fabriquées sur place à partir du lait de vache.

Sans additifs chimiques, fabriqué avec le lait produit sur place, les crèmes glacées Sablé comptent devenir les premières à bénéficier du label de qualité Bleu Blanc Cœur. « Miimosa c’est vraiment utile pour donner de la visibilité à notre démarche. Et si ça fonctionne bien, on relèvera notre objectif de financement pour acheter un  camion frigorifique qui roulera au bio gaz  » explique Dylan Sablé.

En échange de leur contribution, les participants à la collecte reçoivent des pots de crème glacée. Pour d’autres projets, les contreparties peuvent aussi être proposées sous forme d’expérience :  séjour à la ferme, repas, visite pédagogique, etc.

Autre outil de la plateforme, le prêt participatif permet d’octroyer un prêt avec remboursement à des taux d’intérêt compris entre 2 à 6%, pour financer des projets plus ambitieux. « Les projets sont  évalués par une équipe qui définit le niveau de risque de chaque projet en fonction de différents critères, mais aussi en fonction du critère humain », Nathanaelle Leshem. « Nous avons des taux plus élevés que ceux des banques, car on fait le choix de financer les agriculteurs sans fragiliser, c’est-à-dire sans leur demander de mettre leurs biens en garantie ».

Pour les agriculteurs, les prêts participatifs permettent souvent de compléter un prêt bancaire. Pour ce dispositif, les projets récoltent en général environ 50 000 euros. L’investissement semble aussi être bénéfique pour les épargnants, car les taux de défaut de l’agriculture sont très bas, de l’ordre de 3%.

1800 projets financés

Depuis son lancement en 2014, Miimosa revendique 1800 projets financés en dons avec contrepartie pour environ 10 millions d’euros investis. L’activité de prêt plus récente fait état de 50 projets financés en 2018, mais la sélection est drastique à l’entrée, puisque sur 100 projets reçus, seuls 2% passe la barre des experts, et peuvent accéder à la plateforme pour lever de l’argent auprès des internautes.

« Généralement il y a une démarche responsable derrière les projets. Nous ne sommes pas sélectifs en disant qu’on ne veut que du bio, mais la plupart des projets sont en agriculture responsable. Et on ne mettra pas en avant des projets comme de l’élevage intensif de poules pondeuse  », détaille  Nathanaelle Leshem.

Obtenir un prêt, un casse-tête pour les jeunes agriculteurs roumains

L’obtention d’un prêt pour se lancer dans l’agriculture est le principal problème auquel sont confrontés les jeunes agriculteurs roumains, surtout lorsqu’ils n’ont pas de garanties. Un article d’Euractiv Roumanie.

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