Le budget PAC attendu en recul de 3,6 milliards après le Brexit

Le Brexit va raboter le budget communautaire de 9,3 milliards d’euros. Principal poste de dépenses, la PAC après 2020 risque de fondre. Un article de notre partenaire Euroefe.

Phil Hogan, présent à Madrid pour une conférence de haut niveau sur la PAC, a rappelé que le Conseil et le Parlement européen étaient les deux branches de l’UE qui allaient devoir fixer le plafond des dépenses pour la période post-2020 comme cela a été fait en 2013.

Étant donné le trou qui se formera dans le budget européen après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le commissaire européen a expliqué que deux scénarios étaient possibles : le premier est que les États membres apportent plus de fonds au budget communautaire, et le second est d’ouvrir de nouvelles sources de revenus.

Phil Hogan a rencontré le chef de gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, le 27 mars pour aborder avec lui le fait que l’Espagne soutienne fermement un bon financement de la PAC. Le commissaire a rappelé qu’il y a quelque temps, le Conseil européen avait publié un rapport soulignant les voies de financement différentes et nouvelles pour l’UE.

Amélioration de la PAC

Selon lui, la future PAC doit se concentrer sur la modernisation et la simplification, surtout puisque le Conseil, la Commission et le Parlement européen n’étaient pas satisfaits de la réforme de 2013, notamment à cause de la complexité qu’elle supposait.

La PAC post-2020 devra aussi s’adapter aux accords qui ont été conclus, comme l’accord de Paris sur le changement climatique. « Nous devons donc donner la capacité aux agriculteurs de faire face à la volatilité croissante des marchés », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs indiqué que suite à la consultation ouverte par la Commission, cette dernière présenterait une première communication à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, et ouvrirait de nombreuses thématiques comme le développement durable, la position de l’agriculteur dans la chaine alimentaire, le développement rural et le budget post-Brexit.

La ministre espagnole de l’Agriculture, Isabel García Tejerina, qui a organisé la conférence, a reconnu que « les choses seront différentes dans l’UE sans le Royaume-Uni ». « Quoi qu’il en soit, nous défendrons les intérêts du secteur agricole espagnol devant toutes les institutions communautaires. »

Elle a insisté sur le fait que, durant le dernier cadre financier pluriannuel, l’UE avait fait face pour la première fois à une coupe budgétaire, mais que le gouvernement espagnol, avec le soutien de la France et de l’Irlande, avait « pu consolider plus de 47 milliards d’euros (2015-2020) pour les agriculteurs espagnols.

« Ce ne fut pas une négociation facile et les futures négociations ne le seront pas non plus » car des éléments d’une grande complexité sont intégrés. Selon la ministre, l’agriculture doit continuer à jouer un rôle clé dans la construction européenne, étant donné sa contribution à l’économie, l’emploi, le développement rural, la sécurité et la qualité alimentaires.

« À travers la PAC, nous devons aider les agriculteurs et les éleveurs à contribuer à la lutte contre le changement climatique », a-t-elle affirmé.

Conséquence du Brexit sur la PAC

La vice-présidente de la Commission agriculture, Clara Aguilera, a ajouté que la négociation sur le Brexit, en parallèle du débat sur la PAC post-2020, « ne doit pas réduire nos objectifs et nos ambitions ». Elle défend donc une politique agricole « forte » tout en reconnaissant que pour l’instant, « des ressources supplémentaires ne sont pas prévues ».

Selon elle, le Brexit sera visible dans le dossier de la PAC et, par conséquent, soit les États membres « mettent plus d’argent » pour contrecarrer la baisse de fonds, soit ils optent pour une  « fiscalité commune ».

Au Parlement européen, « nous sommes en train d’étudier cette dernière possibilité », afin d’obtenir plus de fonds propres. Une décision qui devra être approuvée par le Conseil et donc par les États membres.

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