Le commissaire à l’Agriculture favorable au stockage du carbone dans les sols

Le commissaire européen en charge de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, lors d’une interview au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 janvier 2022. [EPA-EFE]

Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a promis de faire son possible pour placer le stockage du carbone dans les sols agricoles au centre des plans stratégiques nationaux des États membres dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC). Certains craignent que ces belles paroles ne se traduisent pas par des actions concrètes.

Soulignant que le stockage du carbone dans les sols agricoles était une priorité clé de la présidence française de l’UE, le commissaire a insisté sur son importance pour l’avenir de l’agriculture européenne lors d’une réunion de la commission de l’Agriculture du Parlement européen (AGRI), lundi (10 janvier).

« Nous devons travailler ensemble pour renforcer cette orientation du développement de l’agriculture européenne », a-t-il déclaré, estimant qu’il s’agissait d’une « belle opportunité » pour les agriculteurs de disposer de sources de revenus supplémentaires à l’avenir.

Le stockage du carbone dans les sols — un nouveau sujet en vogue dans le milieu agricole — consiste à augmenter la quantité de dioxyde de carbone (CO2) retenue dans le sol, réduisant ainsi sa présence dans l’atmosphère.

Pour ce faire, diverses techniques agricoles sont utilisées telles que la rotation des cultures, les cultures de couverture, le travail minimum du sol et une gestion de précision des engrais.

Il n’existe actuellement aucun outil politique spécifique pour encourager de manière significative l’élimination du carbone et la protection des stocks de carbone.

Pour remédier à cette situation, la nouvelle communication de la Commission européenne sur les cycles du carbone durable publiée en décembre dernier propose des actions visant à soutenir le stockage du carbone dans les sols agricoles et à améliorer le modèle économique afin de récompenser les gestionnaires des terres pour la séquestration du carbone et la protection de la biodiversité.

La Commission européenne proposera également un cadre réglementaire européen pour la certification des absorptions du carbone d’ici à la fin 2022.

Toutefois, cette communication a reçu un accueil mitigé de la part du secteur agricole, tandis que les ONG lui reprochent de laisser les vrais pollueurs s’en tirer à bon compte.

Les ambitions de la Commission en matière de stockage du carbone dans les sols agricoles ne feraient que masquer le problème

Un communiqué de la Commission européenne sur les cycles du carbone durables, qui promet une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs, a reçu une réponse mitigée de la part du secteur agricole, ce mercredi (15 décembre).

Si les eurodéputés se sont félicités de l’importance accordée par le commissaire à l’Agriculture au carbone, un certain nombre d’entre eux sont intervenus pour demander comment cela se traduirait dans la pratique.

Par exemple, l’eurodéputé de gauche Luke « Ming » Flanagan a demandé si le commissaire envisageait de faire du stockage du carbone dans les sols agricoles une mesure spécifique dans les plans stratégiques nationaux de la PAC.

Avec ces plans stratégiques nationaux, les États membres de l’Union exposeront comment ils entendent atteindre les neuf objectifs de la réforme de la PAC à l’échelle européenne tout en répondant aux besoins de leurs agriculteurs et de leurs communautés rurales.

Parallèlement, l’eurodéputé irlandais Colm Markey a demandé si la Commission européenne envisageait de créer une source de revenus distincte ou une structure spécifique pour le stockage du carbone dans les sols agricoles afin de s’assurer que les agriculteurs ne se retrouvent pas dans une situation où ils seraient obligés de travailler plus pour le même salaire.

Ces préoccupations font écho à celles de Pekka Pesonen, secrétaire général de l’association des agriculteurs de l’UE COPA-COGECA, qui avait confié à EURACTIV en novembre dernier que si les initiatives de la Commission sur l’élimination du carbone pouvaient devenir une source de revenus supplémentaire pour les agriculteurs, elles pourraient également « facilement se transformer en une charge financière et administrative pour eux ».

Cela risquerait d’augmenter leurs coûts tout en réduisant leur productivité et leurs revenus, avait-il alors prévenu.

En réponse à ces préoccupations, le commissaire a promis de « s’efforcer de faire en sorte que le stockage du carbone dans les sols agricoles soit intégré, dans une mesure aussi large que possible, dans les plans stratégiques nationaux dans le cadre de la PAC ». Il a toutefois concédé que cela représentait un défi.

Il a également assuré qu’il n’y aurait pas, au sein de l’UE, « une situation où les agriculteurs devront en faire plus pour le même salaire », insistant sur le fait qu’il y avait même « une chance que la situation soit inverse ».

« Les agriculteurs seront récompensés pour les bonnes pratiques qui n’ont pas été récompensées jusqu’à présent », a-t-il déclaré, promettant qu’il y aura la possibilité d’une « alternative à l’agriculture industrielle ».

Les agriculteurs voient des perspectives dans l’agriculture du carbone, mais doivent être guidés par le marché

Les agriculteurs voient d’un bon œil le passage à l’agriculture du carbone dans l’UE, mais soulignent que les détails des incitations financières pour les agriculteurs de l’UE doivent être déterminés pour un déploiement correct. 

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