Les agriculteurs attendent de pied ferme le prochain président sur la PAC

© Jane Atwood/Ministère agriculture

Cet article fait partie de l'édition spéciale Agriculture, vers une allocation plus efficace des ressources.

Les agriculteurs français attendent le programme agricole du prochain président français. Le futur chef de l’État devra notamment peser dans la réforme de la politique agricole commune, dont les négociations démarrent en 2017.

La prochaine politique agricole commune (PAC) et le prochain président de la République française sont attendus au tournant par les milieux agricoles français, confronté à des crises multiples dans les secteurs du porc, du bœuf et du lait.

« Dès le début de son mandat, le futur Président de la République devra agir vite pour redonner un nouveau souffle à l’agriculture française », a expliqué la FNSEA, le principal syndicat agricole en France.

>>Lire : Les agriculteurs français jugent la PAC impuissante face à la crise du secteur

A quelques mois de l’élection présidentielle, les agriculteurs français attendent des mesures de relance de l’agriculture ainsi qu’une politique de soutien au modèle agricole européen, en souffrance face à la concurrence internationale et la volatilité des prix.

Selon les dernières données publiées par l’Insee le 13 décembre  le revenu moyen d’une exploitation agricole devrait chuter de 26% en 2016 par rapport à 2015. Les plus fortement touchés ont été les producteurs laitiers, frappés de plein fouet par la fin de quotas européens et la crise du lait qui a suivi.

Pour redresser la barre, la FNSEA propose aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager à prendre au cours des 200 premiers jours de leur mandat 13 mesures, dont un certain nombre vise directement la politique agricole commune, que l’exécutif européen doit réformer d’ici fin.

« L’architecture actuelle de la PAC est incapable de répondre à tous les enjeux. Les paysans ont besoin de l’Europe, oui ! Mais ils ont surtout besoin d’une Europe plus performante », souligne la FNSEA.

>>Lire : La nouvelle PAC sème la panique chez les agriculteurs

Pour François Fillon, le débat sur la nouvelle PAC est une priorité. Le candidat « Les Républicains » à l’élection présidentielle, qui part favori dans la course présidentielle compte «  faire valoir notre conception de la PAC » lors des débats sur la réforme.

Parmi les propositions centrales, figure le maintien « à l’euro près » du budget de la PAC.  Une proposition qui répond en partie à l’inquiétude de la FNSEA, qui estime que l’UE se désengage puisque «  le budget de la PAC a baissé de 12% entre 2007 à 2014, alors même que l’Europe s’élargissait à de nouveaux États ».

La gestion des risques

Parmi les critiques formulées à l’encontre de la PAC figure aussi celle de la gestion insuffisante des risques encourus par les agriculteurs. La question de consacrer une partie des aides européennes à l’assurance contre  les aléas climatiques ou de marché, facteur de crises agricoles à répétition, fait partie des pistes.

Pour la FNSEA, il faut « développer les outils de gestion des risques » dans le futur cadre européen. Le syndicat appelle notamment à la mise en œuvre d’un « fonds de stabilisation du revenu dans le cadre d’une future PAC rénové ».

« Lorsque le risque de marché se traduit par une telle fluctuation des prix qu’elle met en péril l’agriculture d’un pays membre, ou même l’ensemble des agricultures européennes, c’est aux outils communautaires d’intervenir, et je défendrai l’idée que la maîtrise du risque soit l’une des deux priorités de la PAC 2020 » affirme quant à lui François Fillon dans son programme.

La candidate du Front national, Marine Le Pen, que les sondages placent au second tour de l’élection présidentielle, appelle quant à elle purement et simplement à une renationalisation de la PAC, qu’elle juge inefficace pour l’agriculture française.

>>Lire : La nouvelle PAC peine à rendre l’agriculture plus résiliente

Question des normes

La question des normes agite aussi le débat agricole en France.  La FNSEA appelle à la fin de la sur-transposition des normes européennes, une pratique française qui entamerait la compétitivité des fermes françaises par rapport à leurs concurrents européens.

L’appel semble avoir été largement entendu par François Fillon. « On ne compte pas les exemples de sur-transposition des règles et des normes européennes, qui sont déjà contraignantes et coûteuses, au nom du principe de précaution » détaille le candidat Fillon dans son programme.

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