Les agriculteurs français dénoncent l’accord européen sur le bœuf aux hormones

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Le Parlement européen a approuvé un accord censé mettre un terme à une guerre commerciale vieille de plus de 20 ans entre les États-Unis et l’Europe. Mais le principal syndicat agricole français réfute en bloc le compromis trouvé.

Au troisième jour de la session plénière de mars, les députés européens ont approuvé à une large majorité (650 votes pour, 11 contre et 11 abstentions) l’accord conclu par la Commission d’un côté, et les États-Unis et le Canada de l’autre, au sujet de l’importation de bœuf aux hormones dans l’UE.

Moutarde et foie gras

Après un bras de fer de plus de 20 ans, les États-Unis ont accepté mercredi que leur boeuf aux hormones reste interdit par les Vingt-Sept en échange d’une forte augmentation des quotas d’importations de viande sans hormone. Ils passeront dans un premier temps à 20 000 tonnes pour ensuite atteindre 45 000 tonnes d’ici trois ans. Le Canada obtient 3500 tonnes.

En contrepartie, les États-Unis ont abaissé ou supprimé les droits de douane sur toute une série de produits alimentaires européens dont, pour la France, la moutarde, le foie gras ou le roquefort. 

Députés satisfaits

Les députés européens de tous bords se sont félicités de l’accord. Pour Agnès Lebrun et Toïka Saifi de l’UMP, il s’agit « d’une victoire du respect des consommateurs européens ».

Même son de cloche chez les écologistes. José Bové a ainsi déclaré « qu’en concédant un quota symbolique d’importation de viande bovine non hormonée aux USA, le vote du Parlement européen met fin à un conflit qui durait depuis plus de 16 ans ».

Désavouer la Commission

Mais l’enthousiasme des élus n’est pas partagé par tout le monde. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), principale organisation d’agriculteurs français, a rapidement dénoncé le vote.

Elle estime que cet accord représente une défaite de l’Europe face aux exigences américaines qui déstabilise une filière qui est « déjà dans une situation économique dramatique (…). Encore une fois, la Commission européenne a baissé les bras ».

« Le poulet désinfecté au chlore nous a prouvé que les USA n’ont pas les mêmes conceptions que nous sur la qualité et la sécurité sanitaire », a ajouté la FNSEA qui demande au gouvernement français de désavouer la Commission européenne en ne validant pas le projet d’accord commercial.

Validation par les ministres

La Fédération nationale bovine (FNB) a jugé que « la Commission brade une nouvelle fois le secteur bovin et cède aux demandes des USA ». 

Les éleveurs refusent de « s’orienter vers ce modèle incohérent où l’Europe perd peu à peu son autonomie alimentaire pour s’approvisionner à ses risques et périls sur d’autres continents, et pour le seul intérêt de firmes industrielles ». 

La Confédération paysanne s’est pour sa part félicitée d’une « victoire sur les lobbys américains » et a souligné qu’il reste « des urgences à régler ». Elle fait le lien entre le droit à consommer sans hormone et celui de consommer sans organismes génétiquement modifiés (OGM).

L’accord doit encore être validé par les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept, ce qui devrait se faire sans trop de difficulté a assuré le Parlement. Le commissaire en charge du dossier, Dacian Ciolos espère que le dossier sera rapidement clos.

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