Les agriculteurs français misent sur les circuits courts

En France, 28 725 fermes respectent les normes de l’agriculture biologique [Energías Renovables/Flickr]

En France, les agriculteurs s’organisent pour développer la vente directe, les circuits courts et l’agriculture locale pour trouver de nouveau relais de croissance auprès des consommateurs.

Manger local pour redonner un coup de fouet à la production agricole. En France, le pari des circuits court et de l’agriculture de proximité séduit de plus en plus les consommateurs, mais aussi les producteurs agricoles.

« L’envie de rapprocher les lieux de productions des lieux de consommation est une tendance de fonds, ce n’est pas une mode », explique Gérard Bazin, président de la chambre d’agriculture du Rhône.

Produits bio et circuits courts

« La hausse de la demande en produits bio et celle pour les circuits courts va de paire », explique de son côté le président des Chambres d’Agriculture, Claude Cochonneau,

En 2014, une étude sur les Français et la consommation locale révélait que 75% des personnes interrogées souhaiteraient acheter davantage de produits de proximité. Un critère qui rassure particulièrement les consommateurs, qui sont 50% à avoir le sentiment de ne plus savoir ce qu’ils consomment.

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« Nous sommes arrivés à un point de déconnexion assez dramatique entre le consommateur et le producteur  », a regretté le président des Chambres d’Agriculture, Claude Cochonneau, lors d’une conférence de presse à Paris en février.

Pour autant, les circuits courts et l’agriculture locale sont deux concepts séparés, trop souvent confondus. L’agriculture locale désigne la vente de produits agricoles dans une zone proche de l’exploitation. À l’inverse, les circuits courts désignent la vente de l’agriculteur au consommateur avec un nombre réduit d’intermédiaires (vente directe à la ferme, plateformes en ligne, etc). Mais la distance géographique n’est pas forcément réduite.

Au niveau européen, si le soutien à l’agriculture biologique fait partie des nouvelles priorités de la Politique agricole commune (PAC),  la vente directe et les circuits courts ne font pas encore partie des sujets prioritaires. Pourtant, dès 2013 le Parlement européen avait insisté sur la compétitivité des marchés locaux parmi les priorités de la nouvelle PAC.

>>Lire : L’agriculture biologique croît rapidement dans l’UE

« Aujourd’hui, nous sommes en train d’écrire la future PAC, mais nous sommes davantage en train de l’orienter vers la sécurisation de l’activité des exploitations agricoles », explique Claude Cochonneau. « Le soutien au circuit court ne fait pas forcément partie de son objectif » poursuit-il.

Le nouveau label bio européen pourrait tolérer la présence d'OGM et de pesticides

Les eurodéputés ont voté pour l’abandon de la décertification de produits de l’agriculture biologique contaminés par des OGM ou des pesticides, les cas de fraudes volontaires ne représentant que 0,5% des cas. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

Cadre européen

La question du soutient à ces nouvelles filières de vente s’est déjà posée à Bruxelles lors de l’élaboration des règles européennes en faveur de la qualité des produits agricoles.

Pourtant, la Commission avait finalement renoncé à intégrer des mesures en faveur de la vente directe des produits agricoles dans la législation pour la qualité des produits agricoles, adoptées en octobre 2010.

En 2013, le sujet est revenu sur la table dans un rapport de la Commission explorant les possibilités d’adopter un plan pour la labellisation d’une agriculture locale et de la vente directe, mais auquel aucune suite concrète n’a été donnée.

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En 2007, une enquête Eurostat montrait que les divergences entre les pays sur les pratiques de vente directe étaient très importantes, malgré une demande en hausse de la part des consommateurs.

Selon l’étude, environ 15% des exploitations européenne vendent plus de 50% de leur production directement aux consommateurs. Mais l’écart est extrêmement important en fonction des États membres, passant de 25% en Grèce et à peine 0,1% en Espagne.

Autre constat, l’Union européenne compte une grande variété de systèmes d’étiquetage pour identifier les produits locaux et de vente directe. Une diversité qui a mis sur la table la question de l’opportunité de créer un label européen harmonisé.

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