Les principaux syndicats agricoles ont appelé à bloquer la capitale et les points stratégiques de la région lundi (29 janvier), suite aux dernières propositions du Premier ministre qu’ils jugent insuffisantes. Ce plan a donné lieu à une réunion d’urgence au ministère de l’Intérieur dimanche (28 janvier) en soirée pour anticiper un éventuel « siège de Paris ».
La révolte des agriculteurs français risque en effet de monter d’un cran lundi (29 janvier), trois jours après les annonces du Premier ministre Gabriel Attal destinées à répondre aux principales revendications et une semaine après le début du mouvement.
Néanmoins, il faut aller « beaucoup plus loin », a insisté Arnaud Rousseau, président du syndicat majoritaire FNSEA, lors d’un blocage d’autoroute dimanche. « Tant que ces demandes ne seront pas satisfaites, la mobilisation sera totale », a-t-il ajouté.
Vendredi soir (26 janvier), lors d’un déplacement près de Toulouse, point de départ des manifestations, M. Attal a promis plusieurs mesures comme la simplification des normes, le respect des lois Egalim — qui assurent une meilleure rémunération des producteurs —, l’accélération du versement des aides ou encore la détaxation du gazole non routier (GNR).
« On a décidé de mettre l’agriculture au-dessus de tout », a-t-il insisté, assurant que « d’autres décisions » seront prises « dans les prochaines semaines ».
Des « mesures défensives importantes »
Pour les syndicats, qui saluent certaines mesures comme la détaxation du GNR, ces mesures sont insuffisantes, et la mobilisation doit se poursuivre.
Samedi (27 janvier), la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) de la région parisienne ont annoncé un « siège de la capitale », c’est-à-dire un blocage de « tous les axes lourds menant à la capitale », « pour une durée indéterminée ».
La Coordination Rurale, deuxième syndicat après la FNSEA, menace même de bloquer Rungis (Val-de-Marne), le plus grand marché de produits frais d’Europe, qui approvisionne 10 millions de personnes en région parisienne.
Face à cette menace, le gouvernement est sur le qui-vive. Dimanche soir, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réuni les différents ministres, dont le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, afin d’anticiper les différents scénarios de cette semaine à haut risque.
M. Darmanin a également demandé aux forces de l’ordre de déployer « un dispositif défensif important » pour éviter le blocage de Rungis et des aéroports de la région Île-de-France, et d’« interdire toute entrée dans Paris ».
Le ministère a précisé que le gouvernement agirait avec « grande modération», et n’interviendrait « qu’en dernier recours » en cas de débordements.
Après le décès d’un agriculteur mardi dernier (23 janvier) à la suite d’un accident de la route sur un barrage de manifestation, la crainte d’un nouveau drame lié à un éventuel « siège de Paris » est omniprésente.
Les syndicats disent avoir prévu une « organisation militaire ».


