Les champs anglais manquent de bras à cause du Brexit

The market in Brixton, London. [Flickr/firefightersdaughter].

Fruit and vegetables in the market in Brixton, London, in which citizens have launched a 'transition' initiative, in which residents aim for social, fiscal and ecological sustainability. [Flickr].

Les maraîchers le redoutaient. Deux ans après le vote du Brexit, les travailleurs d’Europe de l’Est désertent les cueillettes. Un article de notre partenaire, Ouest-France

Les fraises sont flagadas. « Les récoltes pourrissent faute de main-d’œuvre », alerte la NFU, premier syndicat agricole britannique. Déjà en baisse de 12 % l’an dernier, les candidatures de cueilleurs chutent de moitié cette année. Il manque 4 000 paires de bras pour les prochaines récoltes de framboises, de pommes de terre, de poires… La faute au Brexit ? 90 % des saisonniers viennent de l’est de l’Europe, dont les deux tiers de Roumanie et de Bulgarie.

Les agriculteurs britanniques risquent gros avec le Brexit

L’accord de Brexit que parviendra à négocier Londres pourrait faire la part belle à l’agriculture britannique… ou la couler, selon une étude publiée par l’institut de l’agroalimentaire et des biosciences.

Mais les Roumains ne se pressent plus pour trimer dans les grandes fermes du Kent, admet Estera Amesz, codirecteur d’AG Recruitment and Management, sur la BBC. Son agence a ouvert un bureau à Bucarest pour fournir 80 maraîchers anglais en main-d’œuvre. « Avant, nous avions des files d’attente devant la porte. Aujourd’hui, une bonne journée, ils sont une poignée. »

Outre-Manche, des producteurs ont tenté de compenser par des primes, des logements mieux dotés… Mais rien n’y fait. « La chute de la livre sterling, depuis le vote du Brexit en 2016, a rendu le travail au Royaume-Uni moins attractif pour les étrangers, estime Philip Daniels, professeur de sciences politiques à l’université de Newcastle. Ce phénomène est accentué par l’amélioration relative des conditions d’emploi pour ces travailleurs dans leurs propres pays. »

L’argent n’explique pas tout : « Le Brexit renvoie l’image d’un pays nettement moins accueillant », déplore Philipp Daniels. C’est dans les régions agricoles de l’est que le vote pro-Brexit a été le plus fort, observe-t-il. « La main-d’œuvre européenne y est pourtant vitale. »

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