Les consommateurs français auraient retrouvé confiance dans leurs agriculteurs, selon un sondage

Sur fonds de crise sanitaire et de prise de conscience pour l'impact carbone des produits alimentaires, le consommer local connaît un véritable engouement en France. [Dragana Gordic/Shutterstock]

L’image des agriculteurs s’améliore dans la société, selon un sondage de l’IFOP qui fait en outre la lumière sur l’évolution des habitudes alimentaires des Français, de plus en plus soucieux de leur santé et de l’impact carbone de leur alimentation.

Alors que le monde agricole est actuellement au cœur de nombreux enjeux stratégiques, de la transition écologique à la reconquête de la souveraineté alimentaire en France et Europe, la profession se trouve sous pression.

En mars dernier, le Sénat français avait ainsi alerté sur la « détresse » vécue par de nombreux agriculteurs face, d’une part, aux attentes politiques et sociétales, et d’autre part à un « sentiment de dénigrement » et d’ « abandon par la société ».

Mais comme le montre un récent sondage de l’Institut d’études de l’opinion IFOP, réalisé pour notre partenaire OuestFrance, les Français auraient retrouvé leur confiance dans les agriculteurs.

90 % des interrogés estiment ainsi que les agriculteurs jouent un rôle majeur dans l’alimentation des Français, et 79 % affirment que les consommateurs peuvent leur faire confiance, un chiffre nettement en hausse depuis l’an dernier (+ 5 %).

Les trois quarts des citoyens leur attribuent en outre des traits positifs, comme le respect de la santé des Français ou le souci du bien-être animal.

En revanche, cette tendance positive ne semble pas se traduire dans une volonté accrue de soutenir les agriculteurs : comme le révèle le sondage, seuls 69 % des Français se disent prêts à payer plus cher des produits alimentaires pour garantir un revenu correct aux agriculteurs, un chiffre en baisse par rapport aux deux dernières années (72 % en 2020, 70 % en 2019).

Moins de viande, plus de local : des habitudes alimentaires en évolution

Interrogés sur leurs habitudes alimentaires, 76 % des Français se disent prêts à manger moins mais mieux, en diminuant leur consommation de viande et de poisson et en optant pour des produits plus verts et labellisés, contre 67 % en 2017.

En revanche, le sondage affirme la « crise de confiance » des consommateurs français dans l’appellation « bio ». Seulement 52 % des interrogés se disent aujourd’hui convaincus que l’on peut faire confiance au label, contre 70 % en 2008. La part des consommateurs indiquant acheter, au moins de temps en temps, des produits bio est, elle aussi, en baisse.

« Le bio semble être victime de son succès », a déclaré le directeur du département opinion et stratégie d’entreprises de l’Ifop, Jérôme Fourquet, à OuestFrance. Après un « engouement extraordinaire » pour le bio, de plus en plus de Français s’interrogeraient sur le label qui « est mis à toutes les sauces », selon M. Fourquet.

C’est donc aujourd’hui une autre tendance qui a le vent en poupe : le consommer local. Sur fonds de crise sanitaire et une prise de conscience croissante sur l’impact carbone des produits, les produits alimentaires locaux connaissent un engouement important, 86 % des interrogés indiquant qu’ils privilégieraient des marques agricoles et alimentaires régionales s’il y en existait près de chez eux.

Les Français se montrent enfin soucieux du lien entre leur alimentation et leur santé, 93 % des interrogés se disant convaincus que la présence de pesticides dans leurs aliments impacte leur santé.

Une transition nécessaire en France comme en Europe

Le sondage affirme ainsi que « les Français font montre de vigilance » en termes environnementaux et sanitaires, à l’heure où une alimentation plus durable est également au cœur des préoccupations au niveau européen.

Avec sa stratégie « de la ferme à la fourchette », adoptée récemment au Parlement européen, la Commission européenne vise ainsi la création d’un système alimentaire plus « juste, sain et respectueux de l’environnement ».

Selon la feuille de route de la Commission, cette transition nécessiterait entre autres un changement des habitudes alimentaires des Européens, la réduction de la dépendance aux pesticides, l’augmentation de la part de l’agriculture biologique en Europe ou encore l’amélioration du bien-être animal.

Bien-être animal : vers un renforcement des règles européennes pour le transport d’animaux vivants

Après 18 mois de travaux, la commission d’enquête du Parlement européen sur la protection des animaux pendant le transport a adopté ses conclusions jeudi (2 décembre). Les députés appellent l’UE à renforcer ses règles pour lutter contre la souffrance animale.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe