Les eurodéputés demandent plus à Bruxelles pour soutenir le fromage et le vin

Les coopératives viticoles françaises, italiennes et espagnoles, qui revendiquent la moitié de la production européenne, demandent à Bruxelles d’agir pour soutenir le secteur, gravement touché par la pandémie. [Shutterstock/Jack Frog]

Frustrés par les mesures d’urgence proposées par la Commission européenne pour soutenir l’agriculture, les eurodéputés demandent des efforts supplémentaires pour les fromages et le vin. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Avec de « fortes réserves ». C’est ainsi que la commission Agriculture (AGRI) du Parlement européen a accueilli le paquet de mesures d’urgence proposé la semaine dernière par Bruxelles pour venir en aide au secteur agricole frappé par la pandémie de coronavirus.

Les eurodéputés en veulent davantage, et l’ont fait savoir dans une lettre adressée lundi 27 avril au Commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, signée du président de la commission AGRI, l’Allemand Norbert Lins. Ils demandent notamment des efforts supplémentaires à l’égard de la viticulture et de la production de fromages, deux secteurs parmi les plus durement frappés par la crise.

Fromage : des règles plus souples

Les eurodéputés appellent la Commission européenne à mieux cibler leurs aides vers les producteurs de fromage les plus touchés par les mesures de confinement. C’est notamment le cas en France des fromages AOP (Appellation d’origine protégée), qui ont vu leurs ventes chuter de 60 %. Et même de 70 à 100 % pour les entreprises les plus exposées, TPE, PME et producteurs fermiers en tête.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement français assouplit déjà par voie réglementaire les cahiers des charges de ces appellations, pour permettre, par exemple, de stocker davantage de lait à la ferme pour le Bleu d’Auvergne. Insuffisant, assènent les députés européens.

La stratégie «  De la ferme à la fourchette » s’impose d’elle-même en France

La stratégie européenne qui voulait favoriser les circuits courts est décalée à plus tard. Mais la crise accélère l’orientation du secteur agricole vers l’autonomie alimentaire.

Pour les parlementaires, les aides au stockage privé proposées par Bruxelles seraient trop restrictives pour ces fromages. Ils incitent Bruxelles à les ouvrir à « toutes formes de stockage, y compris le caillé, au lieu d’attendre la fin de la période de maturation ». Ils proposent aussi d’assouplir la durée minimale de stockage éligible, en fonction du type de fromage. Ces nouvelles dispositions « permettraient de reporter de plusieurs mois la commercialisation de ces fromages » et de soutenir les filières.

Vin : une aide financière plus conséquente

Pour le secteur vitivinicole, les eurodéputés appellent la Commission européenne à financer les mesures de crise par des fonds spécifiques, en dehors des programmes nationaux de soutien, « qui ont déjà été presque entièrement utilisés ». Les organisations françaises de la filière vitivinicole ont notamment fait part, le 23 avril, de leur colère face à « l’absence de crédits supplémentaires ». Elles appellent le gouvernement et les élus à se mobiliser pour « obtenir une solution budgétaire européenne ».

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