Les eurodéputés soutiennent l’agriculture bio mais négligent les objectifs de la stratégie « de la ferme à la table »

Le plan propose d'encourager la production et la consommation de produits issus de l’agriculture bio, conformément à l’objectif visant à ce que 25 % des terres agricoles exploitées le soient de manière biologique d’ici à 2030, comme le prévoit la stratégie « de la ferme à la table ». Toutefois, la mention explicite de cet objectif était absente de la version finale du texte. [SHUTTERSTOCK]

Le Parlement européen a donné son feu vert à un nouveau rapport sur le plan d’action de l’UE en faveur de l’agriculture biologique, qui met l’accent sur une approche fondée sur le marché mais ne mentionne pas l’objectif ambitieux de l’Union de voir 25 % des terres agricoles exploitées de manière biologique d’ici 2030.

Le rapport d’initiative, adopté par les députés lors de la session plénière à Strasbourg mardi (3 avril), a été élaboré en réaction au plan d’action pour l’agriculture biologique de la Commission, dévoilé en mars 2021.

Le plan propose une stratégie en trois volets destinée à encourager la production et la consommation de produits issus de l’agriculture biologique dans l’ensemble de l’Union, conformément à l’objectif ambitieux visant à ce que 25 % des terres agricoles exploitées le soient de manière biologique d’ici à 2030, comme le prévoit la politique alimentaire phare de l’Union européenne, la stratégie « de la ferme à la table » (Farm to Fork).

Toutefois, la mention explicite de cet objectif était absente de la version finale du texte.

Le rapport insiste plutôt sur la nécessité de trouver des solutions axées sur le marché, de soutenir davantage les États membres dans l’élaboration de leurs stratégies nationales en matière d’agriculture biologique et de mener des recherches sur l’agriculture biologique afin d’accroître la production en fonction de la demande.

Le rapport ne fait que traduire la position du Parlement européen — qui est l’une des deux composantes du processus législatif de l’UE — sur la question. Il n’est toutefois pas juridiquement contraignant et ne modifiera pas non plus les ambitions politiques de la Commission.

Le secteur du bio de l’UE a besoin de solutions axées sur le marché et de stratégies nationales

La commission AGRI du Parlement européen a donné son feu vert à un nouveau rapport sur le plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique dans lequel elle souligne la nécessité de solutions axées sur le marché et d’un soutien accru aux États.

Saluant l’adoption du rapport, l’eurodéputée de centre-droit Simone Schmiedtbauer, responsable au Parlement du plan d’action de l’UE pour l’agriculture biologique, a souligné que le secteur ne se développera « que si le marché des produits biologiques se développe ».

« C’est le marché qui doit déterminer l’ampleur de la croissance du secteur bio, et non un quelconque objectif chiffré préétabli », a indiqué Mme Schmiedtbauer, soulignant la nécessité de se concentrer sur « les questions pratiques de l’offre et de la demande ».

« L’UE doit soutenir les agriculteurs pour qu’ils augmentent leur production de produits bios et aussi les consommateurs pour qu’ils se tournent vers ces produits », a-t-elle ajouté.

Pour Mme Schmiedtbauer, un « savant mélange des bons instruments, d’incitations et d’une flexibilité suffisante » est nécessaire pour permettre à chaque État membre de l’UE de « développer individuellement son secteur bio et d’intégrer la vision européenne du bio dans ses propres stratégies nationales ou régionales ».

Elle a ajouté que cela, combiné à un système d’étiquetage, de contrôle et de certification clair, permettrait de renforcer la confiance des consommateurs et de stimuler la demande.

De même, la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM) a salué le rapport d’initiative, affirmant qu’il « reconnaît que l’agriculture biologique contribue à des systèmes alimentaires plus durables et fournit des services écosystémiques », notamment en ce qui concerne le changement climatique, l’atténuation des effets de ce changement, la biodiversité et la protection des sols.

La stratégie « de la ferme à la table » snobée

Cependant, pour l’eurodéputé écologiste et rapporteur fictif chargé du plan d’action pour l’agriculture biologique, Claude Gruffat, qui a déposé l’amendement rejeté visant à inclure explicitement l’objectif dans le rapport, le texte adopté manque cruellement d’ambition.

« Je déplore le rejet de différents amendements qui visaient à améliorer le texte peu ambitieux adopté en commission, notamment ceux visant à inclure l’objectif de 25 % des terres agricoles exploitées de manière biologique ainsi que celui d’un soutien accru à l’introduction de produits biologiques dans les cantines scolaires et la restauration collective en Europe », a-t-il déclaré.

Le second amendement déposé par le député, également rejeté par la plénière, visait à améliorer la place des produits biologiques dans la restauration collective en soutenant les collectivités locales et les acteurs locaux dans leur projet d’action en faveur d’un système alimentaire sain, durable et résilient.

Cette proposition visait à stimuler la demande en favorisant la place des produits bios dans la restauration collective, notamment dans les écoles, en soutenant les collectivités locales et les acteurs locaux dans leur action, indique l’eurodéputé, qui a reproché au Parlement son manque d’ambition sur ce point.

« Je ne comprends pas le manque de volonté de mes collègues députés », a-t-il déploré.

L’adoption du texte sera maintenant suivie de la publication d’un bilan à mi-parcours de la Commission sur le plan d’action prévu pour 2024.

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