Les Français, favorables au remplacement des ours tués par l’homme

Selon le bilan 2019 sur la population d’ours dans les Pyrénées mené par l’Office français de la biodiversité, les quelque 52 ours français se concentrent sur six départements. [Wildpix productions_Shutterstocl]

Après la mort de trois ours dans le massif pyrénéen en 2020, les Français seraient majoritairement favorables au lâcher de nouveaux animaux, selon un récent sondage IFOP.

Des brebis dévorées, des éleveurs mécontents, des collectifs environnementaux sur le pied de guerre. Année après année, la question de la réintroduction d’ours dans les Pyrénées continue de cristalliser les tensions. Pourtant, les Français n’y sont pas opposés, comme l’indique un sondage IFOP publié ce lundi. Selon cette étude réalisée sur un échantillon d’un peu de plus de mille personnes, 59 % des sondés se sont dit favorables « au lâcher d’un nouvel ours » après la mort d’un individu tué par balles dans les Pyrénées en juin. Soit pas moins de six Français sur dix.

Plus impressionnant encore est le chiffre de personnes radicalement opposées à cette réintroduction. Contrairement à ce que laissent présager les images de manifestations anti-ours, souvent très médiatisées, le sujet n’est pas aussi clivant. Seul 9 % des sondés s’y sont dits « tout à fait opposés ». Même dans les régions pyrénéennes qui concentrent l’essentiel des contestations anti-ours, ce chiffre frôle tout juste les 10 %, avec 11 % de personnes « tout à fait opposées » dans le Sud-Ouest et 12 % dans le Sud-Est.

Ce sondage laisse-t-il présager la réintroduction prochaine d’un ours en France ? C’est du moins ce qu’espèrent les quatorze associations de défense de l’environnement qui ont commandé cette étude. Dans leur communiqué, ces dernières appellent le gouvernement à « lancer dès maintenant la procédure et la préparation de ces nouveaux lâchers ». Dans le cadre de son Plan d’action Ours brun pour la période 2018 – 2028, le gouvernement s’est en effet engagé à remplacer « tout ours disparu de cause anthropique ». En clair : abattu par un homme. « Enfin une mesure populaire ! », a ironisé la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) sur son compte Twitter, interpellant le président, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et la secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba.

 La guerre de l’ours

Depuis plusieurs mois, ces associations militent pour le « remplacement » d’ours dans les Pyrénées. Car 2020 a marqué une année noire pour cette espèce : trois d’entre eux ont été tués cette année dans le massif pyrénéen, deux côté espagnol, et un côté français en juin dernier. La justice espagnole a confirmé jeudi 10 décembre que le décès du jeune mâle Cachou, retrouvé mort en avril, est due à un empoisonnement. Les deux autres bêtes ont été abattues au fusil.

Dans les Pyrénées, où le pastoralisme est encore très pratiqué, la question du remplacement des ours fait débat. Particulièrement parmi les éleveurs qui retrouvent chaque année dans les alpages les carcasses de leurs bêtes. En 2019, 1 173 animaux dévorés par un prédateur ont fait l’objet d’indemnisation par l’État français.

Selon le bilan 2019 sur la population d’ours dans les Pyrénées mené par l’Office français de la biodiversité, les quelque 52 ours français se concentrent sur six départements : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales.

La population reste fragile. Début décembre, la France s’est d’ailleurs fait taper sur les doigts par la Commission européenne. « L’état de conservation de l’ours brun est toujours défavorable » en France, a indiqué l’exécutif européen dans un courrier que s’est procuré l’Agence France-Presse (AFP). La Commission a appelé le gouvernement à suivre « les recommandations de réintroduction » ainsi que son propre « plan d’actions ours-brun 2018-2028 ».

Chassé depuis plusieurs centaines d’années, l’ours avait presque disparu du continent au début du XXe siècle. Des programmes de réintroduction ont été lancés dans plusieurs pays, ce qui a permis de sauver l’ours brun européen de l’extinction. Selon l’association de défense Pays de l’ours, il reste environ 50 à 60 000 individus sur le vieux continent. La majorité d’entre eux se trouvent en Russie, en Roumanie, dans les Balkans et en Suède. Dans une mesure, quelques individus arpentent les massifs montagneux en Autriche, en France et en Italie. Le champion dans la protection de l’ours reste de loin la Slovénie, qui compterait plus d’un millier de spécimen. Ces dernières années, les ours réintroduits dans les Pyrénées étaient tous slovènes.

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