Les maires demandent à Macron d’agir sur le glyphosate

Plusieurs maires ont demandé à Emmanuel Macron d’agir sur le front des pesticides après l’« appel à la modération » en matière d’arrêté anti-pesticide lancé le président. Un article de notre partenaire La Tribune.

La petite phrase n’est pas passée inaperçue mardi soir porte de Versailles. Lors de son discours-fleuve en ouverture du congrès des maires, le président de la République a déclaré : « Sur les arrêtés pour interdire les pesticides, j’en appelle à la modération. »

De quoi agacer les édiles qui ont déjà pris ce genre d’initiatives pour protéger leur population et qui sont en attente d’une décision de justice. Pour Daniel Cueff, maire (sans étiquette) de Langouet (Ille-et-Vilaine), « la modération ne suffit pas pour agir ».

« Agissez au lieu de nous donner des leçons ! »

« Cela relève de l’Etat mais l’Etat ne fait rien ! s’énerve l’élu local. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et nous retrouver devant un tribunal où l’on nous déclare coupable. »

Les villes sans pesticides mettent la pression sur le gouvernement

Plusieurs maires ont pris des arrêtés anti-pesticides en s’appuyant sur le principe de précaution, alors que le gouvernement a lancé une consultation sur les distances de sécurité pour l’épandage des produits phytosanitaires.

Et d’interpeller Emmanuel Macron: « Agissez au lieu de nous donner des leçons ! Les maladies de nos agriculteurs deviennent les maladies de nos riverains. » Le chef de l’Etat avait d’ailleurs réagi cet été, disant comprendre les motivations des municipalités concernées.

Vers une deuxième loi Labbé ?

En mai dernier, le maire (UDI) de Sceaux (Hauts-de-Seine) a, lui aussi, pris un arrêté anti-glyphosate à la suite d’une grande consultation sur l’environnement avec ses 22 000 habitants.

« Nous n’avons pas d’agriculture mais des voies ferrées, explique Philippe Laurent. Les opérateurs continuent d’en utiliser mais ils se sont engagés cet été à arrêter d’ici à la fin de l’année. »

L’utilisation des pesticides est en effet prohibée dans l’ensemble des espaces publics, à l’exception des cimetières et des terrains de sport. Aussi, le sénateur écologiste Joel Labbé, qui a porté la première proposition de loi, entend bien présenter un deuxième texte pour étendre cette interdiction aux questions non-agricoles, comme l’entretien des espaces verts dans les copropriétés privées.

« Au Sénat, nous avons une majorité sur la question de la protection de santé publique et de la biodiversité, insiste l’élu du Morbihan. Il y a urgence à agir ! Des alternatives existent ! »

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