Les ministres allemands veulent mettre fin aux subventions agricoles en Europe

La ministre allemande de l’Environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de la protection des consommateurs, Steffi Lemke, et le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Cem Özdemir, lors du congrès agricole à Berlin, le 18 janvier 2022. [HENNING SCHACHT/EPA]

La ministre allemande de l’Environnement, Steffi Lemke, et le ministre de l’Agriculture, Cem Özdemir, ont affiché leur unité lors d’une apparition commune mardi (18 janvier). Les deux ministres écologistes prônent la fin des versements directs à l’agriculture et l’augmentation de la production biologique.

La Politique agricole commune (PAC) de l’UE est le mécanisme de levier le plus important pour réorienter les subventions vers plus de protection de l’environnement et de la nature, a déclaré Mme Lemke lors du congrès agricole aux côtés de M. Özdemir.

«  À l’avenir, il doit être rentable de pratiquer une agriculture qui préserve la nature et l’agriculture  », a-t-elle déclaré. La réforme actuelle de la PAC ferait déjà des «  premiers pas prudents  » dans cette direction mais n’irait pas assez loin dans ses efforts.

«  Nous devons abandonner le système des paiements forfaitaires à la surface  », a déclaré Mme Lemke. L’Allemagne participera donc activement avec Bruxelles à la préparation de la prochaine réforme, afin de garantir que l’argent public ne soit dépensé que pour les services publics au cours de la prochaine période de financement — à partir de 2028.

La réforme actuelle de la politique agricole de l’UE, qui entrera en vigueur en 2023, a été convenue par la Commission européenne, le Parlement européen et les ministres nationaux à l’été 2021. Les États membres étaient alors tenus de soumettre leurs plans stratégiques nationaux (PSN) pour la PAC à Bruxelles avant le 1er janvier.

L’Allemagne, cependant, n’a pas encore soumis son plan à la Commission. Le ministère de l’Agriculture a désormais l’intention de conclure son PSN d’ici février, a expliqué M. Özdemir lors de la réunion.

Le commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, qui s’est également exprimé lors de l’événement, a souligné que la Commission « a hâte de lire le plan, ainsi que de nombreuses mesures qui contribueront grandement à l’environnement ».

Les deux ministres ont également annoncé que le plan stratégique, dont la majeure partie avait été élaborée et adoptée sous le précédent ministre de l’Agriculture de la CDU, serait évalué d’ici 2024 et révisé si nécessaire.

Une politique agricole et environnementale harmonieuse

A l’avenir, Mme Lemke et M. Özdemir souhaitent également collaborer étroitement dans d’autres domaines de la politique agricole et alimentaire. Contrairement au gouvernement de la coalition de « feu tricolore », dans lequel les deux ministères sont dirigés par des politiciens écologistes, lors de la précédente législature, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement étaient répartis entre les deux partis de la coalition au pouvoir. Le ministère de l’Agriculture était alors dirigé par Mme Klöckner de la CDU tandis que Mme Schulze du SPD était à la tête du ministère de l’Environnement.

«  À l’avenir, nous ne gaspillerons plus notre énergie dans un bras de fer entre les ministères  », a déclaré le ministre de l’Agriculture. Avec Mme Lemke, il dit vouloir façonner la politique «  à partir d’un seul moule  ».

L’un des points centraux que les deux ministres veulent aborder ensemble est la réduction des pesticides. «  Les pesticides n’affectent pas seulement les êtres vivants pour lesquels ils sont produits mais nuisent également à la biodiversité  », a déclaré Mme Lemke.

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Le gouvernement allemand va donc plaider pour une réglementation plus stricte des pesticides au niveau de l’UE. Les effets des différentes substances sur la biodiversité seront examinés de plus près qu’auparavant, a déclaré le ministre de l’Environnement.

La Commission européenne travaille actuellement sur un projet de révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides.

Au niveau national, les deux ministères souhaitent également promouvoir le développement d’alternatives aux pesticides chimiques de synthèse afin de rendre leur utilisation plus compatible avec l’environnement. À cet égard, le glyphosate, herbicide controversé, sera retiré du marché d’ici à la fin de 2023.

M. Özdemir a également annoncé son intention de faire de l’agriculture biologique le premier modèle d’agriculture durable et de le promouvoir.

Les agriculteurs, protecteurs du climat

Dans son accord de coalition, le gouvernement avait accepté de porter l’objectif national en matière d’agriculture biologique de 20 à 30 % de la surface agricole totale d’ici à 2030. En outre, M. Özdemir a maintenant précisé que cet objectif s’appliquerait également à la part des aliments issus de l’agriculture biologique dans la consommation globale.

Le ministère de l’Agriculture «  prendra diverses mesures pour faire face à cette tâche majeure  », a déclaré M. Özdemir. Une attention particulière devrait être accordée au renforcement des chaînes de valeur régionales, a-t-il expliqué.

En outre, le nouveau gouvernement souhaite «  renforcer les agriculteurs dans leur rôle de protecteurs du climat  », a déclaré Mme Lemke, qui a annoncé que son ministère élaborerait les points clés d’un «  programme d’action pour la protection du climat naturel  » d’ici Pâques.

Selon le ministère de l’Environnement, le programme visera, entre autres, la réhumidification des tourbières et la renaturation des plaines inondables. En outre, les forêts et les sols devraient être utilisés plus efficacement pour la séquestration du carbone.

Lors de la réunion des 27 ministres de l’Agriculture à Bruxelles, le 17 janvier, M. Özdemir s’était exprimé en faveur d’une meilleure rémunération de l’agriculture de stockage du carbone dans le sol.

Après la présentation d’une communication par la Commission européenne à ce sujet en décembre, les ministres nationaux prévoient d’adopter une position commune d’ici mars.

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