Les ministres européens ont soutenu le récent paquet législatif de la Commission européenne sur le bien-être animal, mais ont demandé à accentuer les normes sur le transport, l’étiquetage et l’abattage dans le prochain mandat.
Les ministres de l’Agriculture réunis en conseil AGRIPECHE mardi (26 janvier), ont applaudi les avancées faites ces derniers mois sur le plan du bien-être animal, mais veulent aller plus loin.
La nouvelle Commission, qui devrait poursuivre les travaux sur le sujet, « ne peut pas réduire les ambitions de la Commission actuelle », a prévenu le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, lors de la réunion des ministres.
« Nous encourageons la Commission à mettre en œuvre les réformes annoncées et à attaquer la révision plus rapidement », a exhorté le ministre suédois Peter Kullgren.
La pression se fait de plus en plus forte sur la Commission européenne qui doit proposer un renouvellement profond de la législation sur le bien-être animal annoncé en 2020, dans le cadre de la stratégie « De la ferme à la table » (Farm to Fork).
La présidence belge du Conseil, qui a mis le sujet à l’ordre du jour, a fait de cette question son cheval de bataille. Le 29 janvier dernier, elle organisait un colloque intitulé « Call to Care for Animal Welfare » dont l’objectif était de « placer le bien-être animal en tête de l’agenda européen et d’encourager l’Union européenne à approfondir sa réflexion et à accorder une attention plus structurelle aux animaux ».
« Pour l’heure, la révision de la législation européenne ne se déroule pas comme prévu », avait prévenu la présidence belge en marge du colloque. Un reproche renouvelé par les eurodéputés à Strasbourg le 14 mars.
Le 18 mars, les promoteurs de l’initiative citoyenne européenne « End the Cage Age » (« Pour une nouvelle ère sans cage »), qui a recueilli plus d’un million de signatures, ont intenté une action en justice contre la Commission pour son apparente incapacité à fournir des propositions sur l’élimination progressive de l’utilisation des cages dans l’élevage.
Les règles de transport
En décembre dernier, la Commission européenne a tout de même annoncé deux propositions législatives. La première vise à renforcer la traçabilité et les contrôles dans la vente et l’importation des animaux domestiques, alors que le commerce augmente de façon croissante en Europe.
L’autre proposition consiste à améliorer le sort des animaux pendant leur transport, en raccourcissant les durées, en augmentant les espaces, ou encore en les limitant lors des températures extrêmes. Plus de 1,6 milliard d’animaux sont transportés chaque année au sein de l’UE et à travers ses frontières.
Enfin, la Commission européenne a annoncé une initiative pour lutter contre l’exploitation des fourrures animales. Le 29 décembre, la commissaire à la Santé et à la Sécurité alimentaire Stella Kyriakides avait annoncé une série de travaux en cours auprès de l’EFSA notamment, pour documenter et évaluer ces pratiques, avant une prochaine décision.
Les ministres de l’UE ont globalement soutenu les dernières propositions de la Commission. Si la discussion sur le bien-être des animaux domestiques est déjà bien avancée selon eux, ils ont appelé l’exécutif à accélérer sur le transport, un élément clé de la révision de la législation.
« Nous devons tout faire ensemble pour améliorer le transport des animaux », a insisté le ministre irlandais, Charlie McConalogue à l’unisson de ses collègues.
« Les débats sur le transport devraient reprendre au plus tard en juillet », a voulu rassurer le ministre allemand Cem Özdemir.
Mais au-delà de ces premières propositions, les ministres réclament de nouvelles normes que la Commission avait prévu d’intégrer dans la nouvelle législation. Les ministres danois Jacob Jensen et autrichien Norbert Totschnig ont insisté sur l’abattage, l’élevage ou encore l’étiquetage de produits animaux.
Au-delà de la question éthique et sanitaire pour les animaux et les consommateurs européens, les ministres ont alerté sur l’urgence d’harmoniser les règles dans le domaine. Le ministre hollandais Piet Adema a rappelé que son pays disposait de règles spécifiques pour l’abattage et les animaux de rente. « Nous avons besoin d’une mise en concurrence équitable dans l’UE », a-t-il martelé.
« Nous serons vigilants sur l’inclusion de mesures miroirs pertinentes pour que les mêmes règles s’imposent aux produits européens et ceux importés des pays tiers », a ajouté le Français Cyril Piquemal, représentant permanent adjoint de la France auprès de l’Union européenne.
Stella Kyriakides a enfin rappelé lors de la table ronde que cette conférence portée par la Présidence belge avait montré « combien il était important de poursuivre les discussions sur le bien-être animal ».
« C’est pourquoi il faut poursuivre cela dans le cadre du dialogue stratégique », a-t-elle affirmé.
[Édité par Anna Martino]



