Les ministres soutiennent le droit de refuser les cultures génétiquement modifiées [FR]

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Hier (2 mars), les tentatives de la Commission européenne visant à contraindre l’Autriche et la Hongrie à autoriser les cultures de maïs génétiquement modifié sur leur territoire ont été à nouveau rejetées par les ministres de l’Environnement.

Les ministres de l’Environnement des 27 Etats membres ont voté à la majorité qualifiée contre une proposition de la Commission visant à forcer la Hongrie et l’Autriche à abroger leurs interdictions de cultures génétiquement modifiées de maïs MON 810, qui est développé et commercialisé par l’entreprise américaine Monsanto. La culture a été autorisée dans l’UE et a reçu l’aval de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. 

22 Etats membres, soit 282 votes sur 345, ont voté contre l’obligation de lever l’interdiction. 

Le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a salué le vote, qui, selon lui, ouvre la voie à des décisions similaires au printemps sur les interdictions française et grecque du MON 810. Il a été demandé au Conseil de voter sur les interdictions, le comité d’experts en OGM de la Commission n’ayant pas pu se mettre d’accord le mois dernier pour les lever (EURACTIV 17/02/09).

Parallèlement, l’association européenne de la bioindustrie, EuropaBio, a exprimé sa profonde déception face à l’échec des Etats membres de défendre la procédure d’autorisation des OGM, la science et les agriculteurs européens. Nathalie Moll d’EuropaBio a qualifié ce vote de pas de côté politique allant à l’encontre de la volonté des agriculteurs, qui demandent de plus en plus à avoir le choix de cultiver des variétés biotechnologiques.

Les groupes environnementaux Greenpeace et Friends of the Earth Europe (FoEE) ont salué le vote, le qualifiant de victoire pour l’environnement, les agriculteurs et les consommateurs et de situation embarrassante pour la Commission. 

Pour la quatrième fois, les gouvernements européens ont rejeté la proposition de la Commission de lever les interdictions nationales sur les cultures génétiquement modifiées, a relevé Marco Contiero, chargé du dossier OGM chez Greenpeace Europe. Il s’est demandé quelle partie de ce refus la Commission ne comprenait pas. Helen Holder de FoEE à fait écho à ses commentaires. Elle a appelé l’exécutif européen à abandonner ses propositions impopulaires une fois pour toutes et à s’attaquer au travail d’amélioration de l’évaluation des risques des OGM au sein de l’UE, comme l’ont demandé les ministres. 

En décembre dernier, les ministres européens de l’Environnement ont conclu que l’évaluation à long terme des risques environnementaux des OGM devrait être améliorée et que les Etats membres devraient être autorisés à créer des zones sans OGM (EURACTIV 09/12/08). 

En outre, les ministres ont décidé de lancer un groupe de réflexion pour considérer les implications socio-économiques découlant de la commercialisation des OGM, notamment une analyse avantages-coûts des éventuelles conséquences de l’adoption de cultures d’OGM dans l’ensemble du système agricole. Ils se sont également accordés sur le besoin de fixer un seuil communautaire pour la présence d’OGM dans les cultures conventionnelles.

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