Les pesticides omniprésents sur les étals européens

La très vaste majorité des aliments cultivés en agriculture conventionnelle sont contaminés par les pesticides. [Martin Abegglen/Flicr]

97,2% des échantillons prélevés sur les étals européens présentent des résidus de pesticides, mais en dessous des normes. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

84.341 échantillons analysés, 774 pesticides recherchés et détectés dans 97,2% des cas. La compilation annuelle par l’EFSA des analyses réalisées par les États membres de l’Union sur la présence -ou non- de résidus de pesticides sur les cultures alimentaires ne recèle pas de franches nouveautés, mais illustre la même tendance: la très vaste majorité des aliments cultivés en agriculture conventionnelle sont contaminés par les pesticides.

Valeurs très limites

53,3% des échantillons testés étaient « exempts de résidus quantifiables » (ce qui ne signifie pas qu’ils en sont tout à fait exempts) et 43,9% contenaient des résidus « ne dépassant pas les limites légales ». Des chiffres à comparer avec ceux de l’agriculture biologique, dont 99,3% des aliments sont exempts de résidus ou présentent des taux se situant dans les limites légales, ont constaté les États. Le fait qu’un produit soit jugé conforme signifie qu’aucun pesticide, parmi ceux testés, ne dépasse deux fois la limite maximale de résidus (LMR). Or ces valeurs sont fréquemment mises en cause, par exemple pour les perturbateurs endocriniens, car elles ne prennent pas en compte les effets à faible dose de ces substances.

La France précurseure de la fin des pesticides dans les jardins

Une proposition de résolution européenne déposée au Sénat espère interdire les usages non agricoles des pesticides au sein de l’Union européenne, comme c’est déjà le cas en France.

La banane, championne du multi-résidu

En 2015, le panier de la ménagère européenne était composé de bananes, aubergines, brocolis, huile d’olive vierge, jus d’orange, petits pois, poivrons, raisin, blé, beurre et œufs. Dans chacune de ces catégories, les analyses ont mis à jour la présence de plusieurs résidus de pesticides par aliment. La banane est la championne (58,4%), suivie du raisin de table (58,3%) et des poivrons (24,4%).

Des pesticides non autorisés

Les tests ont été effectués sur des denrées dont les deux tiers étaient issus d’un pays de l’Union (+ Islande et Norvège) et un quart de pays tiers (le reste n’ayant pas été sourcé). Et c’est dans ces pays hors Union que les limites autorisées ont été le plus dépassées, dans 5,6% des cas (et pour 3,4% des cas, de façon très large), en baisse par rapport aux 6,5% de 2014. Pour les produits européens, les limites autorisées ont été dépassées dans 1,7% des échantillons, une légère augmentation par rapport à l’année précédente (1,6%). Un tiers des pesticides détectés à cette occasion n’étaient pas autorisés dans l’Union.

La France a de la marge dans la réduction des pesticides

En France, l’usage des pesticides pourrait être réduit de 30% sans affecter les rendements ou la rentabilité des exploitations, révèle une étude publiée lundi 27 février dans la revue Nature Plants. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

 

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