Les revenus des agriculteurs évoluent de façon disparate

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Une timide augmentation de 1% des revenus des exploitants européens cache des écarts de plus en plus importants. En France, les grands céréaliers sont les gagnants de la conjoncture et de la politique agricole commune.

Les revenus agricoles ont augmenté en 2012 dans seize pays d’Europe, selon les chiffres publiés le 12 décembre par la Commission européenne.

En moyenne, le revenu agricole par actif a progressé de 1 % pendant l’année. « Cette augmentation résulte d’une hausse du revenu agricole réel (+0,5%), accompagnée d’une réduction du coût de la main-d’œuvre agricole (-0,5 %) », précise l’office européen des statistiques Eurostat.

Volatilité et croissance

Les revenus ont été gonflés par des prix en progression pour les volailles (+1,9%), les bovins (+8,5%), les porcins (+10,2%), et de façon encore plus significative pour les œufs (36,2 %).

Les subventions représentent en moyenne 30 % des revenus ces dernières années (2008-2011).

Les revenus agricoles subissent toutefois une importante volatilité, remarque la Commission européenne : +15 % entre 2005 et 2007, -2,8 % en 2008, -9,5 % en 2009, avant de remonter de 17 % en 2010 et de 8 % en 2011.

Inégalités françaises

En termes réels, c’est-à-dire en gommant les effets de l’inflation, les plus fortes hausses ont été enregistrées en Belgique (+30%) et aux Pays-Bas (+14,9%). Le revenu agricole réel des agriculteurs français a augmenté de 4,2 %. À l’inverse, celui des agriculteurs roumains, hongrois ou slovènes a chuté de 15 à 16 %.

Mais au sein d’un même pays, les écarts sont importants, selon les chiffres publiés par la Commission des Comptes de l’Agriculture française.

La hausse est ainsi de 46% pour les grandes exploitations céréalières (74 400 euros par an), 30% pour les élevages de volailles. A l’inverse, les producteurs de lait (26 500 euros) et de viande bovines (16 000 euros) ont perdu 10% de leur revenu et près de 50% pour les viticulteurs (22 800).

En moyenne, un exploitant français gagne 36 500 euros par an.

Visions différentes

« Ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage. Ils soulignent la nécessité de mettre en place des dispositifs de lissage de la volatilité des cours des matières premières », a réagi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

Le principal syndicat agricole de l’Hexagone, la FNSEA a tenté dans son communiqué de marginaliser ces disparités en pointant du doigt la volatilité des prix.

« Pour mémoire, en 2009, le revenu enregistrait une baisse supérieure à 30% ; les revenus chutaient dramatiquement de plus de 40% en élevage laitier, en arboriculture fruitière et en grandes cultures », a déclaré l’organisation dans son communiqué de presse. « La hausse continue de l’ensemble des charges (énergie, engrais, alimentation animale…) est très préoccupante, en particulier pour le secteur de l’élevage, qui se trouve aujourd’hui très fragilisé ».

De son côté, la confédération paysanne voit dans cette situation le résultat de la concentration des aides européennes en faveur des céréaliers. Elle estime qu’il est temps de « changer de politique (…) agricole ».

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