L’Espagne veut plafonner les aides PAC

Le ministre de l'Agriculture espagnol, Luis Planas. [EPA-EFE/EMILIO NARANJO]

Le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, a mis les pieds dans le plat en ravivant le débat sur les aides PAC. Il envisage un plafond d’aide annuelle de 60.000 à 100.000 euros par exploitation. Un article de notre partenaire, Euroefe

Le 24 février, le gouvernement espagnol a approuvé des mesures urgentes pour combattre la crise agricole et la baisse des prix du secteur. Luis Planas annoncera ces mesures lors d’une conférence de presse et d’une séance d’information spéciale à la suite du Conseil des ministres espagnols ce 25 février.

Pendant le Congrès des députés espagnols de lundi, le ministre a expliqué que l’UE transférerait aux États membres la responsabilité d’établir ces plafonds. D’après les propositions actuelles, ils pourraient osciller entre 60 000 et 100 000 €.

Luis Planas a indiqué que les dépenses auxquelles les exploitations agricoles doivent faire face en matière de main d’œuvre joueront un « rôle déterminant » dans la fixation de ces plafonds : une exploitation qui a des dépenses salariales très importantes verra ses aides préservées.

« C’est une façon de favoriser l’emploi agricole au travers de la PAC », a-t-il souligné.

Les jeunes agriculteurs peinent à toucher les aides PAC

Les jeunes agriculteurs qui acquièrent des terres par le biais de contrats non conventionnels sont éligibles aux subventions de l’UE. Mais en pratique, les contraintes administratives et l’apât du gain des propriétaires empêchent les nouveaux entrants à en bénéficier.

Pour « simplifier le programme », le ministre souhaite aussi que d’ici à la moitié du prochain budget européen  (en 2024 ou 2025), les mesures soient mises en place progressivement, en fonction des ressources de chacun, selon le modèle de l’impôt sur le revenu.

Il souhaite notamment diminuer les subventions allouées aux provinces espagnoles dans le cadre de la PAC précédente, et ouvrir une réflexion avec les 17 communautés autonomes sur la nécessité de maintenir ou non leurs droits historiques.

L’homme politique cherche aussi à établir une définition « claire » du « véritable agriculteur ».

Il défend enfin la mise en œuvre de systèmes économiques adéquats pour moderniser l’agriculture et la rendre plus durable, au moyen de pratiques comme la rotation des cultures.

Luis Planas tient à mettre en place un programme de subventions spécifique à l’huile d’olive au sein de l’organisation commune des marchés (OCM) des produits agricoles, le premier pilier de la PAC. Il aspire aussi à ce que les communautés autonomes conservent leur pleine capacité de gestion dans le second pilier sur le développement rural.

Plus d’ambition, moins de stigmatisation

Lors du Sommet européen de la semaine dernière, Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, a demandé à ses homologues d’être « plus ambitieux » lors des négociations budgétaires sans toutefois « stigmatiser » la PAC ou la politique de cohésion. Ces chapitres centraux ardemment défendus par l’Espagne dans le cadre du budget de l’UE ont, selon lui, largement aidé à « fortifier » le marché unique.

Après deux jours de pourparlers sur le cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027, Pedro Sanchez n’a pas caché sa déception face à l’échec des négociations.

Il affirme qu’aucune des propositions formulées par la Commission européenne depuis 2018 ne suffisent à l’Espagne, car elles ne prennent en compte ni les « urgences » ni la « feuille de route » que les institutions européennes ont elles-mêmes fixées.

Dans ce sens, il déclare que les Vingt-Sept doivent prêter attention au Parlement et à la Commission — ainsi qu’aux stratégies et aux politiques qu’elle compte mettre en place dans les années à venir —, pour fixer le budget, parce que ces deux institutions connaissent les programmes et sont les plus à même à répondre aux besoins de l’UE.

« Nous parlons toujours de faire les choses mieux, mais on ne peut faire plus de choses avec moins de ressources », déplore le Premier ministre espagnol, en soulignant que chacune des propositions présentées observait une réduction du budget.

L’idée d’une PAC pour l’emploi agricole fait son chemin en France

Soutenir l’emploi agricole plutôt que le nombre d’hectares. La proposition du rapport de France Stratégie sur la politique agricole commune propose un basculement complet de la politique phare de l’UE.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.