Loi climat : Julien Denormandie revient sur les points qui concernent le monde agricole

Taxation d’engrais, menu végétarien à l’école, affichage environnemental : le projet de loi climat aura des impacts directs sur le monde agricole. [Ekaterina Pokrovsky/Shutterstock]

Le projet de loi Climat et Résilience sera examiné en Commission spéciale à partir d’aujourd’hui (8 mars). Auditionné par la commission la semaine dernière, Julien Denormandie est revenu sur les mesures qui concernent la filière agricole.

Taxation d’engrais, menu végétarien à l’école, affichage environnemental : le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dit loi Climat et Résilience, liste un nombre de propositions qui devraient impacter le monde agricole très directement.

Le projet de loi soutient la « transition de nos modèles de production afin qu’ils soient décarbonés et plus respectueux du vivant » et vise à accompagner la « transition écologique de l’agriculture » avec des mesures qui participeraient « à l’ambition de développer de nouvelles habitudes alimentaires et pratiques agricoles moins émettrices de gaz à effet de serre ».

Il prévoit à ces fins « la définition d’une trajectoire de réduction des émissions de protoxyde d’azote et d’ammoniac du secteur agricole » qui pourra être complétée « d’une redevance sur les engrais azotés minéraux » si les objectifs de cette réduction des émissions ne seraient pas atteints pendant deux années consécutives.

Mieux informer les consommateurs à travers un affichage environnemental constitue un autre volet de cette transition dans le monde agroalimentaire. Tout comme l’expérimentation d’un menu végétarien quotidien au choix dans la restauration collective.

La France et l'Allemagne divisées sur la question de la viande à l'école

Les enfants doivent-ils manger de la viande à l’école tous les jours ? En France comme en Allemagne, cette question a suscité la polémique. EURACTIV fait le tour d’horizon des recommandations nutritionnelles des deux côtés du Rhin.

La question de la viande à l’école a récemment créé des remous en France suite à l’annonce de la mairie de Lyon de bannir temporairement les plats carnés des cantines scolaires. Lors de son audition par des membres de la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi, mercredi dernier (3 mars), Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, est revenu sur ce débat : « Mon unique objectif est de laisser le choix » aux enfants, a-t-il déclaré. Choix qui consisterait à avoir toujours de l’accès à de la viande, et surtout « de la viande de bonne qualité » – soit une viande sous label et de proximité.

Concernant l’étiquetage environnemental, Julien Denormandie a assuré la Commission qu’il s’agissait d’un point compatible avec la réglementation européenne. « Oui à l’affichage environnemental », a déclaré le ministre, tout en mettant en garde contre une ambition qui pourrait s’avérer « contreproductif », notamment pour les éleveurs bovins. Les analyses environnementales reposeraient sur une méthodologie qui ferait qu’« un élevage intensif d’Amérique du Sud peut être mieux noté qu’un élevage extensif du Massif central ». « Il faut donc trouver le moyen pour faire en sorte que la méthodologie prenne en compte toutes les externalités », selon le ministre.

Interrogé sur la capacité des agriculteurs français à suivre la trajectoire de baisse des émissions liées aux engrais à base de protoxyde d’azote et d’ammoniac et les outils à leur disposition pour y arriver, le ministre a expliqué qu’il s’agissait d’une « question de recherche » et de matériel. La France serait « une des championnes » de la recherche sur la sélection variable. « La luzerne par exemple capte l’azote et apporte au couvert du sol la teneur en azote nécessaire – et ça, on le booste au maximum », selon le ministre. En outre, le plan de relance prévoit selon lui de lourds investissements dans les équipements pour soutenir les agriculteurs dans la transition.

"Célébrés" par le gouvernement, les agriculteurs français dénoncent le "malaise agricole"

Suicides, pauvreté, faillite : des agriculteurs ont manifesté jeudi (4 mars) à Paris pour dénoncer le « malaise agricole » alors que le ministre de l’Agriculture multiplie les messages pour « célébrer » celles et ceux qui nourrissent la France.

Enfin, quid de la rémunération des agriculteurs censés réaliser ce verdissement de leur filière tout en continuant à produire assez pour garantir la souveraineté alimentaire française ? « La création de valeur environnementale doit être associée à la création de valeur pour l’agriculteur », a fait savoir Julien Denormandie. Or, valoriser le patrimoine agroécologique d’une exploitation par son seul bilan comptable ne serait pas suffisant, estime-t-il. « Pour créer de la valeur il faut arriver à montrer que la montée en qualité culturale est valorisée en vente », a-t-il ajouté.

Une idée allant dans ce sens a été formulée par Célia de Lavergne, députée LREM et rapporteure thématique de la Commission spéciale pour le titre IV « Se nourrir » : la création « d’une sorte de « rémunerascore » », outil qui permettrait d’informer les consommateurs sur la part de la valeur d’un produit qui revient à son producteur.

« Belle idée » à laquelle Julien Denormandie s’est dit « très favorable » en vue de la demande croissante des consommateurs d’être informés sur la juste rémunération des agriculteurs. Or, la réalisation d’un tel score pourrait selon lui s’avérer difficile, « sachant que la constitution d’un prix est extrêmement complexe ».

L'ambition du projet de loi climat pourrait être plus élevée, selon le HCC

Après avoir été examiné en Conseil des ministres, le projet de loi climat et résilience est passé au crible du Haut Conseil pour le Climat, dans un avis publié mardi (23 février).

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe