L’UE bannit trois pesticides néfastes pour les abeilles

Les États membres ont donné leur feu vert à l’interdiction presque totale de trois néonicotinoïdes, accusés d’effets destructeurs sur les abeilles.

Les États membres ont validé le 27 avril l’interdiction de trois néonicotinoïdes sur l’ensemble des cultures en plein champ, en raison de leurs effets jugés néfastes sur les abeilles.

La majorité qualifiée a été obtenue à l’issue d’une réunion d’un comité permanent en charge du sujet. D’après l’AFP, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont voté en faveur de la proposition de la Commission, soutenue par le Parlement européen. Quatre États, la Roumanie, la République Tchèque, le Danemark et la Hongrie ont voté contre.

Le Parlement européen milite pour l’interdiction des néonicotinoïdes

Les législateurs européens ont appelé la Commission à convaincre les États membres de soutenir l’interdiction des néonicotinoïdes et éviter ainsi d’autres retards qui seraient nocifs pour l’environnement et les abeilles.

Les trois pesticides concernés – le clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxames – faisaient déjà l’objet d’une interdiction partielle mise en place par la Commission en 2013. Le vote de ce matin permet non seulement d’étendre l’interdiction dans le temps, mais également de la généraliser à l’ensemble des cultures. Des exceptions sont prévues pour l’usage de ces nénonicotinoïdes au sein de serres permanentes.

Effets néfastes sur les abeilles

« Il s’agit d’une étape importante dans la protection des abeilles et des autres pollinisateurs », s’est félicitée Wiebke Schröder, responsable de campagnes pour la protection des abeilles chez l’ONG SumOfUs. Depuis décembre, 80 ONG, dont SumOfUs, militent dans le collectif « Save The Bees » pour obtenir cette interdiction. Ces organisations mettent en avant plusieurs enquêtes scientifiques venues détailler les effets des pesticides sur les pollinisateurs.

Parmi celles-ci, une série de rapports publié fin février, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire concluait que les abeilles pouvaient par de multiples façons être exposées aux pesticides néonicotinoïdes. Des résidus de ces derniers se trouveraient sur le pollen et le nectar des cultures traitées. Les plantes à proximité des cultures pourraient également être contaminées par la poussière en provenance du champ traité aux pesticides.

Des pesticides présents dans trois-quarts des fruits en France

Alors que l’avenir du glyphosate fait toujours débat en Europe, une nouvelle étude de l’ONG Générations futures révèle que 72,6 % des fruits non bio contiennent des résidus de pesticides en France.

« Quand on sait que les abeilles pollinisent 84 % des cultures européennes et 4 000 variétés de végétaux et que le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines régions d’Europe, ce vote était essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture ! » a souligné le porte-parole des sociaux-démocrates européen à l’Agriculture Éric Andrieu dans un communiqué.

Manque d’alternatives 

« L’agriculture européenne va souffrir de cette décision », prédit de son côté Graeme Taylor, Porte-Parole de l’Association européenne pour l’industrie du pesticide (ECPA). Le représentant décrie une « décision prématurée », alors que deux jugements de la Cour de justice de l’Union européenne sont attendus sur le sujet le 17 mai.

Ces jugements concernent deux poids lourds de l’industrie des pesticides, l’entreprise suisse Syngenta et celle allemande Bayer. Le commissaire à la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis a néanmoins déclaré hier (26 avril) à Euractiv, que « ces deux enjeux ne sont pas connectés ».

Selon Graeme Taylor, cette interdiction présente un risque pour la viabilité de l’agriculture européenne. « Une telle décision est en contradiction directe avec les conclusions de récents rapports par l’ANSES (Agence nationale française de sécurité sanitaire) et le JRC (centre de commun de recherche de la Commission) sur la disponibilité et la viabilité d’alternatives ».

Dans un rapport publié le 5 mars, l’ANSES n’a en effet, pour plusieurs cultures, trouvé que des alternatives à l’usage de pesticides, par exemple concernant les attaques de mouches sur les cultures de betteraves.

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