L’UE conserve son statut de superpuissance agroalimentaire

En 2015, l'excédent des exportations agroalimentaires de l'UE a atteint 9 milliards d'euros.

Cet article fait partie de l'édition spéciale Valoriser l’agriculture.

L’industrie agroalimentaire représente 7% du commerce entre l’UE et le reste du monde. Un article d’EFEAgro.

Sur 100 euros d’échange entre l’UE et les pays tiers, l’industrie agroalimentaire représente sept euros. Si ce chiffre peut sembler faible comparé à ceux des industries automobile ou énergétique, par exemple, le secteur agroalimentaire est d’une importance cruciale pour l’économie européenne, et pour les économies de millions de familles de l’UE.

En 2015, les exportations européennes de produits alimentaires (à l’exception des poissons et de ses dérivés) s’élevaient à plus de 123,2 milliards d’euros, alors que les importations atteignaient 114,1 milliards. Ces chiffres d’Eurostat, le bureau européen de statistique, révèlent un excédent commercial de plus de 9 milliards d’euros.

Si la tendance est à l’ouverture et à la consolidation des marchés d’exportation, le commerce interne reste un pilier clé de l’économie alimentaire de l’Union.

Javier Sierra, directeur Alimentation et gastronomie de l’Institut espagnol du commerce extérieur (ICEX), explique que l’UE est le plus grand exportateur de produits alimentaires depuis 2013, quand il a dépassé les États-Unis. Pour lui, il s’agit là du résultat du soutien continu de Bruxelles au secteur agroalimentaire, qui passe par la promotion, des augmentations de budget et l’ouverture de nouvelles voies commerciales.

Ce succès est également lié aux contrôles de qualité et aux normes de production « rigoureuses » auxquels se soumettent les producteurs européens, ainsi qu’à la consolidation des relations commerciales avec la Chine, qui est déjà la deuxième destination d’exportation des aliments européens.

Œufs et lait et produits laitiers en tête

L’analyse du solde commercial européen pour les produits agroalimentaires (à l’exception des industries de la pêche et des boissons) révèle des données intéressantes, selon le Centre du commerce international (CCI). L’UE vend par exemple plus de céréales, farine, fécule, lait et produits laitiers qu’elle n’en achète. L’excédent commercial de 9 milliards est ainsi presque essentiellement composé de lait et produits laitiers et d’œufs, qui représentent 8,5 milliards du total.

À l’inverse, le secteur des fruits et légumes est déficitaire, avec une différence de plus de 18 milliards d’euros. Ce secteur est suivi par celui du thé et du café, avec un déficit de plus de 8 milliards.

Si les exportations d’animaux vivants, de viande et d’abats (8,1 milliards d’euros) et de céréales (4,1 milliards) sont également excédentaires, ce n’est pas le cas des sous-secteurs des graines et des fruits oléagineux, dont le soja (-7,9 milliards).

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Au-delà de la balance commerciale, les secteurs qui brassent le plus d’argent, en importations ou exportations, à la fois au sein de l’UE et au niveau international, sont la viande, le lait et les produits laitiers, les fruits et légumes et les céréales.

Toujours selon Eurostat, le secteur des fruits et légumes est celui qui implique les plus larges sommes, à la fois en interne et dans le commerce extérieur. Ainsi, 67% des transactions liées à ces importations, soit 42,9 milliards d’euros, ont lieu entre États membres.

La viande et les abats comestibles sont cependant les produits pour lesquels cette tendance est la plus flagrante. Les pays de l’UE ont en effet exporté 38 milliards d’euros de viandes et d’abats comestibles en 2015, dont 88% (33,4 milliards) sont restés dans le bloc.

De la même manière, 76% du lait et des produits laitiers, des œufs et du miel européens ayant traversé des frontières sont restés dans l’UE.

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Différences géographiques

L’étude des flux commerciaux entre l’UE et les autres continents révèle par exemple que l’union a exporté 1,7 milliard d’euros de lait et produits laitiers et d’œufs vers l’Amérique, ainsi qu’environ 4,4 milliards d’euros de céréales vers l’Afrique. Dans ces deux cas, l’Europe a un net excédent.

En Asie, les pays européens vendent surtout de la viande et des abats, pour un total de 5,4 milliards d’euros, et 5 milliards d’excédent. En ce qui concerne l’Océanie, la viande européenne connait cependant un déficit de 1,1 milliard.

L’Espagne en tête

En ce qui concerne la viande, le lait, les produits laitiers, les œufs et les fruits et légumes, l’Allemagne a exporté 23,6 milliards d’euros en 2015, la France environ 13 milliards, le Royaume-Uni 12,8 milliards et l’Italie 10 milliards.

Selon le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Alimentation et de l’Environnement (Mapama), le pays a pour sa part exporté (produits de la pêche compris) un total de 44,1 milliards d’euros.

Cela inclut des exportations de viande et d’abats pesant 3,9 milliards, un marché excédentaire. Les fruits et légumes ont pour leur part atteint un total de 13,6 milliards.

Javier Sierra souligne qu’il est important que l’Espagne  promeuve la nature « unique » de ses produits, variés et d’une grande qualité, afin de consolider sa position sur les marchés internationaux. Le pays espère y arriver en encourageant la collaboration institutionnelle et en faisant la promotion du tourisme gastronomique.

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