L’UE mise sur la bioéconomie pour répondre aux objectifs agricoles du Pacte vert européen

Cet article fait partie de l'édition spéciale La bioéconomie au cœur des objectifs de la PAC.

Vous pouvez également lire cet article en portugais, espagnol et italien.

La Commission européenne et les États membres de l’UE souhaitent utiliser la bioéconomie pour atteindre les objectifs politiques au cœur du chapitre agricole du nouveau Pacte vert européen.

La bioéconomie doit permettre au secteur agricole de jouer un rôle prépondérant dans la réussite du Pacte vert européen, a affirmé le commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, lors d’une rencontre avec la commission de l’agriculture du parlement croate à Zagreb.

« Si nous voulons décarboner nos économies, nous devons créer davantage de biomasse pour produire de l’énergie ainsi que des matériaux et des produits chimiques biosourcés », a-t-il indiqué.

Au cours du dernier Conseil « Agriculture et pêche » en décembre 2019, M. Wojciechowski avait souligné les avantages de la bioéconomie et affirmé qu’ils contribuaient à la mise en œuvre des priorités politiques du Pacte vert européen.

Selon le commissaire, la promotion de ces chaines de valeurs, dans les lesquelles les producteurs primaires sont entièrement intégrés, est une condition sine qua non supplémentaire pour atteindre les objectifs visant à créer des emplois plus spécialisés et un savoir-faire innovant au niveau de la production primaire.

La bioéconomie fait partie des neuf objectifs européens de la politique agricole commune (PAC). Dans leurs stratégies nationales, prévues dans la réforme de la PAC, tous les États membres devront décrire comment ils comptent atteindre ces objectifs, dont la promotion de la bioéconomie, en utilisant les outils de la PAC.

« Le nouveau Pacte vert permet aux États membres de lancer, dans ce secteur, des actions plus spécifiques et axées sur les résultats », a affirmé Janusz Wojciechowski.

La Commission insiste sur le développement de la bioéconomie

Dans la future PAC, la Commission européenne n’approuvera pas la stratégie nationale d’un État membre si elle n’inclut pas la promotion de la bioéconomie dans l’agriculture, a déclaré le commissaire en charge de l’agriculture, Phil Hogan.

Un nouvel élan

La mise à jour de la stratégie européenne en matière de bioéconomie effectuée par la Commission en octobre 2018 a apporté un nouvel élan au développement de ce secteur.

À l’origine, cette stratégie avait été conçue il y a huit ans comme un moyen pour encourager l’Europe à devenir moins dépendante du pétrole. Son champ d’action s’est depuis élargi et concerne désormais toutes les industries biosourcées, en plus de la production de biocarburants.

La stratégie européenne en matière de bioéconomie s’intéresse davantage à l’économie circulaire dans son entièreté, plutôt qu’à la simple réutilisation d’énergie et vise ainsi à renforcer et stimuler un secteur biosourcé européen déjà dynamique.

À la suite de la publication de la nouvelle stratégie, deux conférences de haut niveau sur la bioéconomie ont été organisées par les pays à la tête de la présidence tournante du conseil de l’UE en 2019, la Roumanie et la Finlande.

Lors de sa mandature, La Roumanie s’est davantage axée sur la recherche et l’innovation, tout en gardant à l’esprit la portée des mesures incluses dans l’actuel programme-cadre pour la recherche et l’innovation, Horizon 2020, et dans le prochain, Horizon Europe.

La recherche agricole devrait être remise sur la table des négociations relatives à la bioéconomie, étant donné qu’elle façonne l’avenir de l’agriculture, a soutenu le ministre roumain de l’Agriculture, Petre Daea, lors d’une réunion informelle en juin dernier avec ces homologues européens.

Lors de cette réunion, les hauts représentants ont souligné à de nombreuses reprises la nécessité de garantir l’accès et le recours à la recherche agricole pour les exploitants.

La bioéconomie, l'utilisation intelligente des ressources

Donner aux ressources organiques, comme les déchets et résidus de production, une deuxième vie, cela signifie aussi tirer profit de la fermeture des cycles de production.

Au fil de sa présidence, la Finlande a mené des négociations en insistant sur le fait que les États membres devraient apprendre les uns des autres en s’inspirant des pratiques exemplaires de chacun et en adoptant une approche commune.

Pour Helsinki, il est aussi essentiel de parvenir à une bioéconomie européenne circulaire, tant pour les agriculteurs que pour les propriétaires de forêts, étant donné qu’ils sont en première ligne pour endiguer les défis liés au changement climatique.

Les ministres européens de l’Agriculture ont aussi martelé que la plus-value émanant des chaines de valeurs biosourcées devrait être partagée équitablement entre les acteurs qui y sont impliqués, notamment les exploitants agricoles, car ils font partie intégrante de ces chaines.

Un diplomate croate a révélé à Euractiv qu’une troisième conférence sur la bioéconomie devrait avoir lieu à la fin du mois d’avril, au cours de la présidence tournante croate au Conseil de l’UE.

La bioéconomie figure d’ailleurs dans le programme de la présidence croate et est assortie d’une clause sur les exploitations agricoles familiales et les jeunes agriculteurs. De plus, lors de sa visite à Zagreb, le commissaire Wojciechowski a expliqué qu’elle pourrait fournir une aide précieuse aux petites et moyennes structures familiales.

Zagreb devrait en outre analyser la révision de la stratégie européenne en matière de bioéconomie deux ans après son adoption, et ce, en examinant son champ d’action au-delà du secteur agricole.

Le secteur privé au secours de la bioéconomie

Le secteur privé a un rôle clé à jouer dans la promotion de la bioéconomie au sein du secteur agroalimentaire, selon des experts de haut niveau.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER