Malgré la COVID-19, le secteur européen agricole souhaite s’étendre davantage

Le secteur alimentaire européen est confronté à de gros problèmes logistiques en raison de la pandémie de COVID-19. Malgré tout, de nombreuses entreprises prévoient de s’étendre à l’international. [dubes sonego/ Shutterstock]

Le secteur alimentaire européen est confronté à de gros problèmes logistiques en raison de la pandémie de COVID-19. Malgré tout, de nombreuses entreprises prévoient de s’étendre à l’international. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les entreprises agroalimentaires européennes ne semblent pas inquiètes des risques que représente la pandémie COVID-19 dans leur secteur. 90 % d’entre elles prévoient de maintenir, voire d’accroître, leur présence sur le marché dans les trois prochaines années. Voici ce que révèle la nouvelle étude du bureau allemand de promotion des investissements et de la technologie (ITPO) sous le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). Ainsi, 800 sociétés agricoles ont été interrogées sur leurs activités commerciales en Afrique et en Asie dans le cadre de la pandémie de COVID-19.

Dans le Languedoc, les viticulteurs s’adaptent déjà au changement climatique

En 30 ans, les vendanges ont avancé de trois semaines, le degré d’alcool du vin a pris quatre points… Face à des impacts du changement climatique déjà sensibles, les viticulteurs du Languedoc adaptent leurs pratiques et leurs cépages.

Seule une entreprise sur cinq souhaite se concentrer sur le marché national

Les résultats de l’étude dressent un tableau très mitigé du secteur agroalimentaire : 40 % des sociétés interrogées enregistrent des baisses de productions ainsi que des annulations de commandes sur le marché européen et craignent que ce phénomène ne s’observe plus tard à l’étranger. De ce fait, 10 % des entreprises envisagent le licenciement ou la fermeture de plusieurs départements commerciaux.

Toutefois, lorsqu’elles sont questionnées sur leur stratégie à long terme, deux sociétés sur trois répondent vouloir agrandir leurs gammes de produits, diversifier leurs fournisseurs et élargir leur clientèle afin d’être mieux préparées aux prochaines crises. Par ailleurs, un autre tiers prévoit d’étendre ses activités de recherche et de développement. Pour ce qui est du court terme, 57 % souhaitent actuellement se concentrer davantage sur leurs activités principales. Bien que le coronavirus perturbe grandement les chaînes d’approvisionnement, l’internationalisation du secteur agroalimentaire semble toujours d’actualité. En effet, seule une entreprise sur cinq estime qu’il est judicieux de se concentrer sur le marché national à long terme. « Il est décisif de maintenir les marchés ouverts afin d’assurer l’approvisionnement en nourriture au niveau mondial et de garantir une stabilité économique et sociale », a expliqué le directeur de l’ITPO, Rolf Steinmeier.

À l’échelle internationale, le secteur agroalimentaire représente environ 10 % du PIB mondial et génère approximativement 1,5 milliard d’emplois. Dans le but de renforcer la production de denrées alimentaires en Asie et en Afrique, deux tiers des sociétés interrogées jugent que les investissements des entreprises locales constituent les mesures les plus fructueuses. Aux yeux de M. Steinmeier, les programmes d’aide publique ciblés et la libéralisation des marchés devraient également être considérés.

La stabilité des chaînes d’approvisionnement, une exigence du sérail politique

Au début de la pandémie de COVID-19, la Commission européenne avait établi un train de mesures pour venir en aide aux exploitants agricoles. Ainsi, les agriculteurs bénéficient de prêts ou de garanties pour couvrir les coûts opérationnels, et ce, grâce au Fonds européen de développement régional (FEDER). De plus, chaque État membre est tenu d’accorder des subventions allant jusqu’à 100 000 euros par entreprise du secteur agricole primaire et 800 000 par entreprise du secteur de la transformation et de la commercialisation de produits agricoles. Enfin, l’exécutif européen a octroyé une prorogation du délai de présentation des demandes de paiement au titre de la PAC et une aide au stockage privé pour les produits laitiers.

Selon Frank Ewert et Annette Piorr, représentants du Centre de recherche de Leibniz sur le paysage agricole, la pandémie de COVID-19 a relancé l’appel au changement structurel dans l’industrie alimentaire. « Avec une deuxième vague, l’on peut certainement supposer qu’à court terme, la politique se concentrera en particulier sur la stabilité des chaînes d’approvisionnement, c’est-à-dire sur la sécurité des approvisionnements », a avancé M. Ewert.

Toutefois, d’après lui, une trop forte concentration sur la production régionale n’est pas toujours la meilleure solution : « Il suffit de penser aux sécheresses de 2018 et 2019, où un marché exclusivement régional aurait entraîné d’énormes problèmes d’approvisionnement alimentaire. La production nationale de denrées alimentaires peut, certes, permettre d’économiser des coûts de transport et des ressources, mais dans ce cas, tout ne pourrait pas être produit plus efficacement en Europe ». « Les conclusions tirées sur plusieurs projets internationaux ont montré qu’à moyen terme, il sera primordial d’établir un bon équilibre entre la création de valeur nationale et internationale », a ajouté Annette Piorr. « Concrètement, cela signifie que les systèmes régionaux devraient être développés de manière à pouvoir utiliser leurs avantages par rapport au système mondial dans son ensemble, par exemple en étant plus flexibles aux conditions locales. »

Dans l’Hérault, les circuits-courts tirent leur épingle du jeu

Malgré la fermeture des marchés pendant les deux mois de confinement, les agriculteurs de l’Hérault organisés en circuits-courts ont réussi à poursuivre la vente directe. Avec la réouverture de tous les points de vente, certains ont même du mal à faire face à la demande.

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