Maltraitance animale : L214 et députés français appellent le gouvernement à réagir

L’amélioration du bien-être animal au sein de l’UE fait partie des ambitions énoncées par la Commission européenne dans le cadre de sa stratégie « de la ferme à la fourchette » (F2F). [Subhakit Hosiri/Shutterstock]

La publication d’une nouvelle enquête de L214 ce mercredi (5 mai) met en lumière la maltraitance des animaux à l’abattoir. Alors que le bien-être animal fait l’objet de nombreux débats au niveau européen, des députés déplorent l’inaction au niveau français.

C’est avec des images choc que l’association de protection des animaux L214 a de nouveau attiré l’attention sur la maltraitance animale en France ce mercredi (5 mai). Avec sa nouvelle enquête, elle fait la lumière sur l’« horreur à l’abattoir » dans une unité de production du groupe Les Mousquetaires en Bretagne.

Des vidéos publiées par l’association montrent ainsi des truies blessées, paralysées, coincées et traitées à coups d’électrochocs avant leur mise à mort. Un « enfer » pour les animaux qui serait dû à des « pratiques et des installations non conformes à la réglementation », fustige L214. L’association exige la fermeture en urgence de l’abattoir ainsi qu’un « audit de tous les abattoirs de France » dans une pétition adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie.

Une image de l'enquête de L214, montrant une truie traitée avec une pince à électronarcose défaillante. [L214]

 

Devant ces « images de violences insupportables infligées aux animaux », le député français Loïc Dombreval (LREM) a réagi sur Twitter, demandant « le déploiement de la vidéo dans tous les abattoirs français » dans une lettre ouverte adressée à M. Denormandie. L’enquête de L214 soulignerait « l’importance de transformer les pratiques par de nouveaux outils technologiques, et de briser le tabou sur la supervision vidéo ».

En outre, si les images publiées par L214 portaient un « nouveau coup de semonce » à la filière porcine, « déjà fragilisée par les cours de prix de la viande, les critiques sur leur impact environnemental et les menaces sanitaires », elles permettraient aussi de « mettre en lumière les insuffisances françaises en matière de respect de la protection animale en abattoir », selon M. Dombreval. L’enquête rappelle ainsi « qu’il est urgent d’investir massivement pour permettre la rénovation de nos abattoirs, clé de voute pour le respect du bien-être animal ».

« Les Français attendent des mesures fortes contre la maltraitance animale », soutient aussi le député Vincent Ledoux (Agir ensemble), qui déplore toutefois l’inaction du Sénat français. L’Assemblée nationale avait adopté une proposition de loi visant la lutte contre la maltraitance animale en janvier. Or, le Sénat refuserait à ce jour de la mettre sur l’agenda de la seconde chambre, bloquant ainsi toute chance que cette loi soit promulguée un jour, soutient-il dans une lettre ouverte adressée au ministre chargé des relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne Marc Fesneau.

Cette nouvelle onde de choc intervient alors que le bien-être animal reste un sujet brulant au niveau européen. Le mois dernier, l’initiative citoyenne européenne « End the Cage Age », exigeant de mettre un terme à l’élevage en cage en Europe, avait été entendue au Parlement européen, suscitant une vague de soutien.

La commission d’enquête sur la protection des animaux pendant le transport (ANIT) du Parlement européen appelle, de son côté, à la fin de l’exportation du bétail vivant dans des pays tiers. La Commission européenne avait reconnu que les règles visant à garantir le bien-être des animaux pendant le transport n’étaient pas appliquées de manière consistante.

L’amélioration du bien-être animal au sein de l’UE fait partie des ambitions énoncées par la Commission européenne dans le cadre de sa stratégie « de la ferme à la fourchette » (F2F).

Loué soit le Brexit ? La Grande-Bretagne esquisse de nouvelles normes pour le bien-être animal

La fin de l’élevage en cage, l’arrêt des exportations du bétail vivant, l’apposition d’étiquettes ad hoc : le bien-être animal est un sujet brûlant dans l’UE. Si Berlin se voit comme leader en la matière, Londres n’est pas sans reste.

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