Manger sain devient plus cher en France

Des fruits et légumes de saison sont les essentiels d'une alimentation saine et équilibrée - mais ils pèsent aussi le plus lourd sur la facture des consommateurs, alerte l'association Familles Rurales. [monticello/Shutterstock]

Dans son Observatoire annuel des prix de grande distribution, l’association Familles Rurales alerte sur la hausse des prix des fruits et légumes et appelle le gouvernement à agir. 

L’inflation n’aura épargné aucun produit : en moyenne, le prix des aliments a augmenté de 2 % en deux ans, rapporte Familles Rurales sur la base de chiffres de l’Insee. Mais ce sont les aliments « bons pour la santé » – fruits et légumes – qui ont connu la hausse la plus flagrante, leurs prix ayant bondi de 9 % sur la même période.

Ce sont donc les essentiels même d’une alimentation saine qui « pèsent le plus lourd dans notre panier (près du tiers) », affirme l’association de défense des consommateurs dans son bilan annuel pour 2021.

Concrètement, l’an dernier, une famille de quatre personnes devait consacrer environ 450 € par mois pour un panier « premiers prix » avec une moindre variété de produits (soit environ 36 % d’un SMIC mensuel net avant impôt). Au contraire, pour un panier varié composé de produits bio, il fallait compter pas moins de 1148 € – soit 93 % d’un SMIC.

Autrement dit : le « consommer mieux », respectueux de la santé, mais aussi de la saisonnalité et de l’environnement, reste souvent hors de portée des ménages les plus modestes en France.

Effet secondaire de ce frein à une alimentation plus équilibrée : le développement de « trop nombreuses pathologies liées à la consommation de produits trop gras, trop sucrés, trop salés en trop grande quantité », souligne l’association. 17 % des Français seraient ainsi en situation d’obésité, 4 millions souffraient de maladies cardiovasculaires et 3,2 millions du diabète.

Face à ce double-constat, Familles Rurales appelle le gouvernement à agir. L’association exige notamment de consacrer un chèque « fruits et légumes » aux familles aux budgets les plus modestes, leur donnant « les moyens d’acquérir nos alliés santé ».

L’association appelle en outre au déploiement d’un plan national autour du « manger mieux » qui associerait des messages de prévention santé à l’encouragement d’une consommation plus locale ainsi que la lutte contre le gaspillage alimentaire et le suremballage.

Cet appel intervient alors que la question d’une alimentation plus saine et durable est au cœur des évolutions agroalimentaires aux niveaux français et européens.

Dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (qui s’appliquera à partir du 1er janvier 2023), le ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, n’a ainsi eu cesse de réitérer son ambition de voir l’agriculture se verdir et assurer une alimentation saine et durable aux consommateurs.

La nouvelle stratégie alimentaire phare de la Commission européenne – la stratégie « de la ferme à la fourchette » (Farm to Fork) –, adoptée par les eurodéputés en octobre dernier, vise, elle aussi, la transition vers un système alimentaire saine et durable en Europe.

Au menu : la réduction des pesticides et engrais chimiques, la lutte contre la résistance aux antibiotiques et contre le gaspillage alimentaire, plus de bien-être animal, l’augmentation de la surface agricole en agriculture biologique à 25 % d’ici 2030…

Autant d’engagements en faveur de la santé publique, de l’environnement et de la biodiversité qui risquent aussi toutefois d’entraîner une hausse supplémentaire des prix pour les consommateurs (pour les produits bio et plus respectueux du bien-être animal par exemple).

Mais le constat de Familles Rurales interroge : «Devant faire face à l’augmentation du cours des matières premières qui laisse craindre le pire pour les « essentiels » (pâtes, farine, pain), conjuguée à la hausse de budgets incompressibles tels que l’énergie ou les carburants, comment [les familles les plus modestes] pourront-elles dégager les ressources nécessaires au respect des recommandations prescrites par le Plan National Nutrition Santé ? »

L'UE alerte sur le risque de cancer lié à la consommation de viande et encourage le passage à une alimentation végétale

La politique de promotion de l’UE pour 2022 encouragera le passage à une alimentation plus végétale et désigne la viande rouge et la viande transformée comme potentiellement cancérogène.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe