Les fonds européens financent un projet d’olives martiennes

Bientôt des olives sur Mars? [Shutterstock]

Bientôt des olives importées de Mars ? Cela ressemble plus à un film de science-fiction qu’à un projet agricole sérieux, mais pourrait se réaliser plus rapidement qu’on ne le croit, grâce à un projet italien financé par l’UE.

Le grand écran a déjà exploité le sujet, dès 1996 et la comédie italienne « Cultiver des artichauts à Mimongo », tournée en Afrique, et plus récemment avec le film à gros budget « Seul sur Mars », où l’astronaute botaniste Matt Damon, échoué sur la planète rouge, tente de survivre.

C’est peut-être ce film, sorti en 2015, qui a inspiré un nouveau projet dont l’objectif est de cultiver des olives à 76 millions de kilomètres de l’Italie. La technologie qui crée les microsystèmes nécessaires a été brevetée par l’ENEA (l’Agence nationale pour la technologie, l’énergie et le développement économique durable), puis développée par le laboratoire Tripod, qui allie finances privées et publiques.

Les recherches ont encore avancé grâce au projet ISAAC, cofinancé à hauteur de plus de 4,7 millions d’euros par le programme européen Horizon 2020. Selon ses participants, la culture des olives sur Mars pourrait être rendue possible grâce à un microcosme permettant aux plantes de croître dans des environnements extrêmement hostiles. Le principe a été développé par l’ENEA dans un centre de recherche près de Naples.

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L’utilisation de terre, et non d’une solution d’eau et de nutriments, comme d’autres potagers de l’espace, imite les conditions d’un champ à l’intérieur et permet de cultiver patates, tomates, salade et basilic. Pour la première fois dans des conditions aussi dures, les chercheurs ont même réussi à faire pousser des arbres.

Le système permet en réalité la culture d’arbres dans des environnements où c’est d’habitude impossible, comme les aéroports, les stations de métro ou les centres commerciaux, mais aussi dans des déserts et zones polaires.

« Nos microcosmes sont de vrais écosystèmes, différents des serres ou chambres de croissance traditionnelles. Ils permettent de répliquer en laboratoire ce qui se passe naturellement dans un champ », détaille Luigi d’Aquino, membre de l’équipe de l’ENEA.

Les chercheurs utilisent deux chambres de culture : une chambre basse pour les racines et une chambre haute pour le tronc et le feuillage. Ces deux chambres fonctionnent de manière indépendante, mais sont reliées, comme le sont le tronc et les racines d’un arbre.

Un échange gazeux a lieu via le sol où poussent les racines. Le simulateur utilisé par l’ENEA est doté d’un dispositif de pointe qui vérifie et ajuste l’humidité et la température, ainsi que l’éclairage.

Les résultats de l’équipe ont suscité l’intérêt de la presse locale. Une curiosité et un enthousiasme justifié, même s’il faudra encore du temps pour tester le projet « en conditions réelles », c’est-à-dire sur Mars ou dans l’espace.

Avant la conquête de la planète rouge, les chercheurs du projet ISAAC espèrent mettre en œuvre leur système sur la Terre. Ce projet qui a vu le jour grâce à des fonds de cohésion européens pourrait donc aider l’Afrique avant d’être confié à des astronautes.

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