En Italie, les remarques du ministre de l’Environnement alimentent les débats sur la viande

La filière italienne de l’élevage a exprimé son mécontentement à la suite des déclarations du «super ministre» pour la Transition écologique, d’après qui le taux de protéines animales consommées devrait être diminué et remplacé par des alternatives végétales. [EPA-EFE/AMMENDOLA]

La filière italienne de l’élevage a exprimé son mécontentement à la suite des déclarations du « super ministre » pour la Transition écologique, d’après qui le taux de protéines animales consommées devrait être diminué et remplacé par des alternatives végétales.

Dans le cadre de l’un de ses premiers discours publics, le ministre de l’Environnement Roberto Cingolani a reconnu que la surconsommation de viande était néfaste pour la santé.

De plus, pour produire un kilogramme de protéines animales, il faut six fois plus d’eau que pour produire un kilogramme de protéines animales. En outre, l’élevage intensif contribue à 20 % des émissions de CO2 à l’échelle mondiale.

« En changeant notre régime alimentaire, nous entraînerons des répercussions bénéfiques à 2 niveaux : nous améliorons la santé publique et réduirons l’utilisation d’eau et les émissions de CO2 », a-t-il conclu.

Physicien de formation et ancien directeur de l’Institut italien de la technologie, M. Cingolani a reçu la tâche ambitieuse, de la part du Premier ministre Mario Draghi, de tourner le système de production italien vers un modèle plus durable.

Les médias italiens l’ont rapidement surnommé le « super ministre » de la transition écologique, étant donné qu’il a repris les rênes d’un ministère de l’Environnement solide chargé de gérer la part du lion des subventions octroyées par l’intermédiaire du NextGenEU, l’instrument européen de relance.

La consommation de viande et les défis qui en découlent ont été abordés dans la nouvelle politique alimentaire de l’UE, la stratégie « De la ferme la fourchette » (F2F), qui entérine un engagement « visant à contribuer à la réduction l’empreinte environnementale et climatique de la production animale ».

Le soutien pour une transition vers le régime alimentaire davantage végétal restait un élément clé de la F2F, et ce dans le cadre des efforts effectués pour réduire les risques de contracter des maladies mortelles et les répercussions environnementales du système agroalimentaire.

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Néanmoins, ses déclarations sur la consommation de viande ont suscité de vives critiques de la part des associations d’élevage.

Les acteurs italiens de la chaîne d’approvisionnement en viande ont rapidement demandé à s’entretenir avec le ministre afin qu’il formule certaines précisions à ses propos.

Selon le président de l’association italienne Carni sostenibili (Viande durable), Giuseppe Pulina, M. Cingolani « surestime [le taux] d’émissions de gaz à effet de serre engendrées par la production intensive de viande ».

Dans une lettre adressée au ministre de l’Environnement, M. Pulina rappelle que les éleveurs italiens utilisent 25 % moins d’eau que la moyenne mondiale pour la production de viande, soit environ 790 litres d’eau par kilogramme de bœuf.

Il a également abordé les efforts accomplis pour surmonter la menace des « super insectes », notamment la chute inédite de 42 % des ventes italiennes d’antibiotiques entre 2010 et 2018, d’après les derniers chiffres de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

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Les producteurs de viande ont également souligné que l’Italie faisait partie des pays européens où la consommation de viande est la plus basse virgule avec 36,8 kilogrammes consommés par année.

Toutefois, selon l’eurodéputé italien Ignazio Corrao (Verts/ALE), la question soulevée par le ministre de l’Agriculture est fondamentale pour la transition écologique, car il est désormais manifeste qu’un changement radical est nécessaire dans le modèle italien de production de viande.

«L’UE continue de financer fortement l’élevage intensif, alors que de petites exploitations agricoles qui produisent de manière durable disparaissent dans l’indifférence la plus totale », a-t-il déploré.

De ce fait, le député européen a proposé au ministre italien de prendre des mesures concrètes et d’allouer des ressources à la transition de l’élevage intensif vers des méthodes de production durables, tout en mettant en exergue les petites exploitations, par exemple, dans le sud de l’Italie.

« Il ne s’agit pas ici de trouver un coupable. Il s’agit de reconnaître que notre système nous mène à notre perte », a-t-il conclu.

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