Les eurodéputés réclament un plan d’urgence pour la PAC

Échange de points de vue à la Commission de l'agriculture et du développement rural. [EP/PIRLET]

Les membres du Parlement européen ont demandé à l’exécutif de l’UE de préparer une stratégie permettant d’anticiper les difficultés qui pourraient survenir dans la mise en œuvre de la politique agricole commune (PAC) en raison de l’épidémie de coronavirus.

Norbert Lins, le président de la commission de l’agriculture du Parlement, a envoyé le 23 mars une lettre au commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, et à la ministre croate de l’Agriculture, Marija Vučković, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE.

La lettre, qu’Euractiv.com a pu consulter, a été envoyée en amont d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Agriculture de l’UE, ce mercredi 25 mars, et d’un vote en plénière au Parlement européen sur le premier paquet de mesures anticrise, prévu jeudi 26 mars.

Selon les eurodéputés, la Commission s’est engagée sur la bonne voie en accordant aux agriculteurs une prolongation d’un mois pour présenter leurs demandes de paiements au titre de la PAC.

Paiements directs

Cependant, affirment-ils, cela ne sera pas suffisant pour permettre au secteur agricole de continuer à fonctionner normalement pendant la crise. Parmi les actions urgentes qu’il faut entreprendre, Norbert Lins souligne l’importance de garantir les paiements directs aux agriculteurs ainsi que le soutien au développement rural.

Le plan d’urgence demandé par les députés européens évoque des questions telles que le calendrier des paiements, les inspections menées dans les exploitations à des fins de vérification et les demandes d’aide.

En temps de crise, il faut chercher à simplifier autant que possible les procédures tout en accordant un maximum de flexibilité aux États membres, notent les parlementaires dans leur lettre.

Norbert Lins plaide également pour que des dérogations générales dans la mise en œuvre des mesures de la PAC soient autorisées jusqu’au 31 décembre, afin de protéger l’agriculture et les zones rurales européennes.

« En bref, nous voulons protéger la viabilité économique du secteur agroalimentaire en prévoyant des mesures et des aides qui permettent de faire face aux difficultés actuelles et à celles qui pourraient survenir dans les prochaines semaines », souligne l’eurodéputé socialiste Paolo De Castro.

« Nous demandons à la Commission européenne d’établir une stratégie globale pour les secteurs les plus touchés, qui comprend également l’activation de lignes de crédit d’urgence pour les agriculteurs », poursuit-il.

Libre circulation des travailleurs

Outre les aspects liés à la PAC, la lettre met également l’accent sur les « corridors verts » qui doivent permettre aux denrées alimentaires de passer les frontières, afin qu’elles continuent à parvenir aux consommateurs européens.

Norbert Lins insiste également sur la libre circulation des travailleurs, vitale pour l’agriculture. Elle est indispensable pour le secteur des fruits et légumes, mais également pour la viticulture, qui dépendent fortement de la main-d’œuvre saisonnière.

« En délivrant un laissez-passer permettant aux travailleurs saisonniers de voyager dans des bus ou des trains spéciaux, voire des avions, le [bon] fonctionnement du secteur agricole pourrait être maintenu », indique la lettre.

Dernière requête des eurodéputés : une aide spéciale au stockage pour les secteurs alimentaires et agricoles les plus touchés par la fermeture des hôtels, des restaurants et des cafés.

L’Italie demande à repousser les échéances de la PAC à cause du coronavirus

La ministre italienne de l’Agriculture, Teresa Bellanova, demande à la Commission de repousser les échéances de certaines procédures administratives de la PAC pour aider les agriculteurs du pays touchés par l’épidémie de coronavirus.

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