Le Parlement européen veut interdire les « burgers » végétariens

Pour la commission AGRI, ceci n'est pas un burger

La commission agriculture du Parlement européen propose de bannir l’usage des termes burgers et steak pour les produits d’origine végétale.

Le 1er avril, la commission parlementaire de l’agriculture et du développement rural (AGRI) a voté en faveur de nouvelles législations pour l’organisation commune des marchés (OCM) dans le cadre de la PAC post 2020. Il faudra toutefois attendre le prochain mandat législatif, après les élections du mois de mai, pour que le texte soit présenté en session plénière et que le Parlement décide de l’approuver ou de suggérer des changements à la prochaine commission AGRI.

Le rapporteur du règlement, Éric Andrieu, a conjuré les futurs eurodéputés de revenir sur son rapport qu’il qualifie « d’urgent ». L’eurodéputé socialiste français a regretté que le rapport ne soit pas examiné par le Parlement actuel et a rappelé que le texte était particulièrement important en ce sens qu’il prévoit le futur cadre politique et économique de l’agriculture en Europe. « La décision de reporter le rapport au prochain Parlement prouve également que l’ensemble de la proposition de la Commission était controversée », a-t-il déclaré.

Du steak et du vin

Approuvé le 1er avril, l’amendement de compromis 41 a suscité de nombreuses critiques de la part des associations de défense des animaux et de l’industrie des produits végétariens. Selon le texte, les termes et noms évoquant la viande seront exclusivement réservés aux parties animales comestibles. Les produits végétariens et vegan ne pourront donc plus être vendus sous les noms de steak, saucisse, escalope, burger ou hamburger, à l’instar d’une décision similaire de la Cour de justice en 2017, relative à l’appellation des produits à base de plantes tels que le soja et le tofu.

La deuxième partie de l’amendement vise à introduire le principe de la décision de la Cour en 2017 dans le droit européen, de sorte que seuls les produits à base de « vrai » lait puissent être vendus comme du lait, du beurre ou du yaourt. Après le vote, le rapporteur du règlement a déclaré à la presse que les lobbys n’étaient pas derrière cet amendement mais qu’il s’agissait plutôt de sens commun lié à l’attitude des consommateurs. « Nous pensons que le mot steak doit être utilisé pour parler de viande et pas de produits végétaux », a-t-il expliqué.

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Une coalition d’associations environnementalistes et de protection des animaux ont rejeté ces arguments et répondu qu’il n’y avait aucune preuve que l’usage de ces termes induisait les consommateurs en erreur. Avant le vote, la coalition, qui incluait notamment Greenpeace, Birdlife et Eurogroup for animals, a appelé les eurodéputés à rejeter cet amendement qui va à l’encontre des choix des consommateurs pour une alimentation plus durable. Une cause à laquelle le géant agroalimentaire Nestlé semble contribuer, après avoir fait un grand pas sur le marché des produits végétariens en annonçant le lancement d’un nouveau burger 100% végétal au lendemain du vote controversé.

Les eurodéputés ont également tenu à ce que les consommateurs soient mieux informés sur le vin qu’ils boivent. Les étiquettes des bouteilles devront ainsi faire figurer les ingrédients ainsi qu’une déclaration nutritionnelle ou tout au moins la valeur énergétique du produit.

Les eurodéputés de la commission AGRI ont également proposé de prolonger le système d’autorisation de plantation de la vigne jusqu’à 2050 et de surveiller son fonctionnement tous les 10 ans à partir de 2023. Le système, qui avait été mis en place en 2016, devait s’achever en 2030.

La vigne américaine Vitis labrusca ne sera pas incluse dans la production de vins européens mais pourra être replantée dans les anciens vignobles à condition que la surface de plantation n’augmente pas. Six cépages américains sont concernés : Noah, Othello, Isabell, Jacquez, Clinton et Herbemont.

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