La Commission envisage de durcir son approche sur les néonicotinoïdes

Les risques des néonicotinoïdes reconfirmés par l'EFSA. [Shutterstock]

Les pesticides aux néonicotinoïdes menacent les pollinisateurs, essentiels à la reproduction de nombreuses plantes, selon une nouvelle évaluation de l’EFSA. La Commission pourrait bientôt légiférer.

L’Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) a réévalué des données datant de 2013 sur trois substances néonicotinoïdes : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiamethoxame. Sa conclusion n’est pas surprenante : la plupart des utilisations des pesticides aux néonicotinoïdes posent un risque pour les abeilles sauvages et domestiques.

« Les conclusions varient en fonction de l’espèce d’abeille, de l’utilisation prévue du produit et de la trajectoire d’exposition […] mais dans l’ensemble le risque menaçant les trois types d’abeilles que nous avons étudiés est confirmé », explique Jose Tarazona, qui dirige l’unité de l’EFSA dédiée aux pesticides.

Les abeilles sont exposées aux néonicotinoïdes de multiples façons, en fonction du type de pesticides et de leur application. Il peut s’agir de résidus des substances dans le pollen et le nectar des ruches, de circulation de poussière pendant les plantations ou traitement des semences, ou encore la consommation d’eau, ajoute un porte-parole de l’agence. « Toutefois, dans l’ensemble, les conclusions confirment que les néonicotinoïdes posent un risque pour les abeilles. »

Le porte-parole souligne néanmoins que le rôle de l’EFSA n’est pas de prendre des mesures concrètes, mais d’émettre une évaluation du risque scientifique. Limitations ou interdictions relèvent quant à elles de la Commission et des États membres.

Les néonicotinoïdes constituent une catégorie controversée de pesticides, utilisée depuis les années 1990. C’est le type de pesticides le plus souvent utilisés pour de nombreuses cultures destinées à l’alimentation humaine et animale. Leur impact sur les populations d’abeilles et autres pollinisateurs est cependant décrié depuis des années.

Les ONG de protection de la nature s’attaquent à ces produits agrochimiques et au producteur de semences Syngenta, affirmant que le modèle agricole qu’ils défendent est « non durable » et contraire à la législation européenne.

La Commission veut restreindre les néonicotinoïdes

La Commission européenne projette de proposer davantage de restrictions sur l’utilisation des néonicotinoïdes. La lutte entre groupes de défense de l’environnement et producteurs de pesticides continue.

Des restrictions de l’UE en matière d’utilisation des néonicotinoïdes sont en vigueur depuis 2013. À la lumière des nouvelles évaluations, l’exécutif de l’UE et les États membres pourraient à présent envisager des amendements aux restrictions actuelles sur l’utilisation de ces pesticides.

La protection des abeilles constitue un sujet important pour l’exécutif, puisqu’il touche de près à la biodiversité et à l’environnement.

Des sources au sein de la Commission européenne ont indiqué que l’exécutif examinerait les évaluations et apporterait des amendements aux propositions existantes « si nécessaire ». Elles annoncent également qu’un débat sur cette question aurait lieu au cours de la deuxième quinzaine de mars au sein du comité permanent sur les plantes, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.

En septembre 2017, la Commission a fait savoir qu’elle avait l’intention de présenter une proposition qui restreindrait encore davantage l’utilisation des néonicotinoïdes.

Trois quarts du miel mondial contaminé aux néonicotinoïdes

Des traces de pesticides néonicotinoïdes ont été trouvées dans trois quarts de la production mondiale de miel, révèle une étude publiée ce 6 octobre dans la revue Science. Un article du JDLE.

 

MEP Eric Andrieu (S&D), who is the group’s spokesperson on agriculture, commented, “Bees are indispensable to preserve biodiversity and also our food security. We know that neonicotinoids are harmful, so let’s ban them in agriculture now!"

“In some parts of Europe, the bee mortality rate goes up to 80%. We must act urgently: we are short of 13 million hives to satisfy the pollination of crops in Europe. The repopulation of bees demands the restoration of ecosystems and the progressive ban of pesticides in agriculture. Ultimately, we must be able to reach a zero-pesticide agriculture.”

The pesticide industry association (ECPA) does not dispute the possibility of risk to bees; however, it does not share either EFSA’s view on the nature of that risk.

“With the right measures we believe any risk posed to bees by neonicotinoids can be successfully managed […] we still believe that the basis on which the 2013 restrictions were put in place is flawed,” ECAP said in a statement.

“There is no evidence to demonstrate that the restrictions on neonicotinoids have had any positive impact on the bee population in Europe. Farmers need access to a broad range of tools to protect their crops from pests and diseases.  The competitiveness of arable farmers in the EU relies on access to crop protection products like neonicotinoids.  A more limited range of tools also increases the risk of pests developing resistance,” ECPA added.

Franziska Achterberg, Greenpeace EU food policy adviser, said, “The evidence is overwhelming that bees, and the crops and plants they pollinate, are at dire risk from neonicotinoid pesticides. National governments must stop dithering and back the proposed EU neonicotinoid ban as the first step to prevent the catastrophic collapse of bee populations.”

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