La Commission dévoile les raisons de la baisse du prix de l’huile d’olive

La Commission européenne n’a pas reçu de demande formelle pour lancer une enquête sur les différences de tarification sur le marché européen de l’huile d’olive, mais tient une explication rationnelle.

Le problème a été soulevé par l’association agricole espagnole, Unión de Uniones (UDU), début août, après la publication du rapport mensuel de juillet sur la situation des secteurs de l’huile d’olive et des olives de table européens.

Selon la presse espagnole, l’association allait demander à la Commission de se pencher sur les possibles perturbations du marché de l’huile d’olive, en laissant entendre que l’Italie jouissait d’un meilleur traitement par rapport à d’autres producteurs espagnols et grecs.

Pourtant, aucune revendication n’a été faite auprès des bureaux de la Commission jusqu’à présent, a indiqué une source de l’exécutif européen.

L’UDU déplore que le prix de l’huile d’olive extra vierge soit beaucoup plus élevé en Italie (469,8 € pour 100 kilos) qu’en Espagne (221,1 €/100 kg) ou en Grèce (260,1 €).

Dans le même temps, une hausse des prix de 13 % de l’huile d’olive en Italie a été observée par rapport à l’année précédente, alors que des baisses de 2 % et de 19 % ont respectivement été enregistrées en Grèce et en Espagne.

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Mi-août, le commissaire européen en charge de l’agriculture, Phil Hogan, a expliqué dans une lettre que la raison principale de cet effondrement des prix était une récolte record de 1,79 million de tonnes pour l’année commerciale 2018/19, soit une hausse de 42 % par rapport à l’année précédente.

Cette quantité représente 79 % de la production européenne et 56 % de la production mondiale, a tenu à souligner le commissaire.

La Commission a également enregistré une petite reprise d’environ 5 % dans la deuxième semaine de juillet grâce à des exportations élevées et une forte consommation nationale.

La situation de surproduction en Espagne affecte aussi le marché dans d’autres États membres producteurs comme la Grèce et le Portugal, écrit Phil Hogan, qui précise que la Commission est bien consciente de ce qui est en train de se passer et est en contact permanent avec le ministère espagnol de l’Agriculture.

Explication rationnelle

En ce qui concerne les plaintes des agriculteurs espagnols sur la différence de traitement, il convient de clarifier que le niveau des prix des olives est influencé par les principales caractéristiques et la structure du secteur de l’huile d’olive, qui n’est ni un produit de base ni un produit hautement standardisé, et que par conséquent il s’agit d’un marché très segmenté.

En outre, les consommateurs européens ont une forte préférence pour l’huile d’olive d’origine locale, ce qui signifie que les consommateurs italiens préféreront probablement acheter de l’huile d’olive italienne et ainsi de suite.

Les prix à la production du rapport de la Commission, contestés par l’association agricole espagnole UDU, couvrent exclusivement la production nationale et non les prix du marché intérieur, qui engloberaient également les huiles d’olive importées.

Alors que les stocks élevés en Espagne ont créé une situation excédentaire pour l’huile espagnole sur le marché national, le marché italien est structurellement déficitaire, car la production italienne est inférieure à la consommation intérieure italienne.

L’Italie est confrontée cette année à une production extrêmement faible de 175 000 tonnes, soit environ 60 % de moins que l’année précédente, ce qui entraîne une hausse des prix de l’huile italienne puisque le déficit est plus élevé que la normale cette année.

L’Espagne est le principal exportateur d’huile d’olive dans le monde, et les bas prix de l’huile d’olive espagnole ont également un impact sur les segments de marché dans les pays de destination, par exemple l’Italie, où l’huile espagnole est embouteillée et vendue comme « d’origine européenne », souvent mélangée avec d’autres huiles d’olive de la zone UE sous des marques italiennes.

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