OGM : la FNSEA met en garde contre une vision « dogmatique »

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Lors de ses vœux à la presse, le président du syndicat de producteurs a voulu désamorcer les critiques contre l’importation de maïs transgénique, attendue prochainement dans l’Hexagone.

Les pieds dans le plat. C’est la stratégie adoptée par Xavier Beulin, lors de ses vœux à la presse, merdredi 5 janvier, à propos du brûlant sujet des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le tout nouveau président de la FNSEA a annoncé que dans les semaines à venir, la France serait destinataire de résidu de maïs transgénique en provenance des États-Unis.

L’importation de ces produits, destinés à l’alimentation animale, sont autorisés par l’Union européenne. Mais le président de la FNSEA, qui prévoit des «réactions» particulièrement fortes de la part d’«organisations non gouvernementales», a voulu anticiper les critiques.

«Il ne faut pas regarder ces sujets de manière dogmatique», a-t-il averti. Il a affirmé que ce type de maïs importés, meilleur marché que d’autres céréales plus coûteuses, pouvait permettre aux producteurs français de «retrouver une marge de compétitivité vis à vis de leurs voisins européens». Il a notamment cité l’Allemagne et le Danemark, où les OGM sont plus facilement acceptés par l’opinion qu’en France. 

«Qu’avons-nous envie de faire avec notre élevage? Voulons-nous rester dans la course internationale, qui est redoutable?», a-t-il poursuivi. Affirmant qu’il voulait que l’agriculture française «redevienne numéro 1 en Europe», devant l’Allemagne, M. Beulin a souhaité une «concurrence équitable» entre les pays européens.

« C’est pas gagné »

Au-delà de la question des OGM, le président de la FNSEA est revenu sur l’avenir de l’agriculture européenne. «Nous serons très présents à Paris, à Bruxelles et dans d’autres capitales», a aussi promis Xavier Beulin. Il a fait de l’avenir de la politique agricole commune (PAC) l’un de ses principaux objectifs pour 2011.

Car si la présence dans les capitales européennes s’impose, c’est que la bataille promet d’être rude. «Concernant la régulation des marchés agricoles, nous avons besoin d’une majorité qualifiée à Bruxelles. Ce n’est pas gagné», a reconnu le patron du syndicat agricole majoritaire. 

Il est également revenu sur le budget de la future PAC. Et a défendu une lecture «réaliste des débats», se résignant à un maintien du budget agricole pour la période 2014-2020. 

La FNSEA se montre cependant plus combative sur la répartition de l’argent entre les États membres. Le syndicat ne veut pas, pour l’heure, entendre parler d’une subvention unique pour tous les paysans européens. Les aides de base versées à tous les producteurs en fonction de la surface cultivée, dites «droits à paiement unique», varient en effet selon les États membres de l’UE. 

Organisations de producteurs

«Il nous paraît évident qu’il faut maintenir une différence de paiement entre les États membres», a affirmé Xavier Beulin. Il a souligné que sur les plans fiscal et salarial, tous les pays n’étaient pas au même niveau. 

Le président de la FNSEA a aussi évoqué la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche, dont certaines mesures sont étroitement liées à des dispositions européennes. Aussi a-t-il annoncé que le décret permettant de réformer les organisations de producteurs ne serait pas publié avant la fin 2011. 

Les récentes propositions de la Commission européenne pour le secteur laitier doivent en effet être approuvées avant la sortie de la mesure française. Sinon, les organisations de producteurs dites «non commerciales» risqueraient d’être illégales au regard du droit de la concurrence de l’Union européenne.

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