Paris remporte une manche dans la bataille pour la PAC

Emmanuel Macron au Salon de l'Agriculture en 2016. [Frederic Legrand - COMEO / shutterstock]

La France a obtenu le maintien du budget de la Politique agricole commune  dans le prochain budget de l’UE, après qu’Emmanuel Macron a pesé de tout son poids auprès des autres chefs d’Etat et de gouvernement  réunis à Bruxelles.

C’est une première bataille gagnée par la France dans la guerre pour le maintien du budget de la Politique agricole commune. « Le président de la République a déjà obtenu 375 milliards (d’euros), c’est-à-dire qu’aujourd’hui je peux vous dire que nous avons un budget de la PAC qui est au niveau de ce que nous avons dépensé dans le précédent mandat » s’est réjoui le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume lors d’une interview sur LCI.

Il a précisé que ce montant représentait l’équivalent, en proportion du budget d’une UE à Vingt-Sept (hors Royaume-Uni) pour la période 2021-2027, du budget agricole européen lors du cycle 2014-2020, avant le Brexit.

Le PAC rabotée de 5 milliards d'euros dans le projet de budget de l’UE

Dans la dernière proposition pour le budget à long terme de l’UE, le Fonds européen agricole pour le développement rural apparaît drastiquement réduit. Ces coupes ne sont que très partiellement compensées par une augmentation des paiements directs aux agriculteurs.

Les dirigeants des Vingt-Sept sont réunis depuis jeudi à Bruxelles pour un Conseil européen extraordinaire visant à définir le prochain budget pluriannuel du bloc, amputé de 75 milliards d’euros par rapport au précédent du fait du départ du Royaume-Uni fin janvier.

Alors que plusieurs des contributeurs nets ont fait part de leur volonté de voir le budget de l’UE être réduit en conséquence et plaidé pour une adaptation des dépenses à de nouvelles priorités comme la lutte contre le changement climatique, la France, premier producteur agricole européen, exclut toute coupe dans le budget de la Pac.

Macron en première ligne

A son arrivée à Bruxelles le 20 février, Emmanuel Macron avait clairement fixé sa priorité pour le sommet: « d’abord se battre pour avoir une politique agricole commune au rendez-vous de nos ambitions ».

« Tout le monde veut plus de sécurité alimentaire, d’environnement etc… Mais qui le fait au final? Ce sont les agriculteurs dans leurs exploitations », a plaidé Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole français. « On demande toujours plus aux agriculteurs, cela ne peut pas se faire avec un budget moindre », a-t-elle ajouté.

Appelant « Emmanuel Macron à défendre un budget fort pour la PAC », la Confédération paysanne, syndicat classé à gauche, affirme que la politique de Bruxelles devrait « être en cohérence » avec « l’ambition de transition agroécologique » que « la France et l’Europe affichent fortement ».

L'agriculture française veut changer d'image auprès des consommateurs

A l’approche du Salon de l’agriculture, l’image du secteur est au coeur des préoccupations de ses représentants qui peinent à recruter et se plaignent d’«agribashing».

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