Pas de budget, pas de PAC

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Le ton monte au Parlement européen. Certains députés menacent de ne pas poursuivre les discussions sur la réforme de la politique agricole commune tant que les perspectives budgétaires de l’UE ne sont pas connues.

Lors d’une réunion en commission, mercredi 21 mars, certains députés ont menacé de ne pas voter leur rapport tant qu’ils ne connaîtront pas le montant qui sera consacré à cette politique sur la même période. « Pas d’argent, pas de vote », a lâché Peter Jahr, élu conservateur allemand. Une expression qui résume très bien l’ambiance qui règne déjà depuis un moment au sein du Parlement. 

Les négociations sur les perspectives financières de l’UE sont en effet au point mort depuis les propositions de la Commission européenne qui datent…de juin 2011

>>> Pour revenir en détail sur la partie consacrée à la PAC, lire : « Tours de passe-passe autour du budget agricole »

Les institutions réclament plus de moyens ainsi que la mise en place d’une taxe sur les transactions financières qui viendrait alimenter le budget communautaire. Les États répondent qu’en cette période de crise, l’Europe doit aussi se serrer la ceinture. La présidence danoise a peu d’espoir d’aboutir avant la fin de son mandat (30 juin 2012). 

Des sources bruxelloises évoquent une possible fenêtre de tir lors du second semestre de cette année sous présidence chypriote, idéalement placée entre l’élection présidentielle française de ce printemps et les législatives allemandes de l’automne 2013. Mais rien de certain.

Echec positif 

Il n’en reste pas moins que, pendant ce temps, les députés sont censés plancher sur la réforme du premier poste budgétaire de l’Union, à savoir l’agriculture (plus de 50 milliards par an). Mais comment le faire sans connaître le montant de l’enveloppe à venir ? 

D’où l’agacement des membres de la commission Agriculture. L’eurodéputé britannique libéral George Lyon a rappelé lors du débat qu’un échec des négociations ne serait pas forcément négatif puisque le budget 2013 serait reporté à l’identique en prenant en compte l’inflation, évitant ainsi le risque d’une réduction des crédits. Ces propos ont été nuancés par certains de ses homologues qui ont réaffirmé la nécessité d’un budget ambitieux et d’une PAC rénovée et adaptée aux nouveaux besoins. 

Pas n’importe quoi 

Michel Dantin (PPE/UMP) a souligné pour sa part les risques en terme d’image, si aucun accord sur le budget n’arrivait à temps. Une réforme tardive de la PAC serait aussi handicapante pour les agriculteurs qui n’auraient pas le temps de s’y préparer a rappelé Britta Reimers, élue libérale allemande. 

A contre courant de ses homologues, José Bové, vice-président de la commission, a estimé pour sa part qu’il fallait d’abord décider ce que le Parlement souhaite pour l’agriculture avant de se battre pour le budget adéquat. 

Reimer Böge, le rapporteur de la commission Budget, présent lors des échanges, s’est aussi montré ferme. « Nous n’avons pas à accepter n’importe quelle proposition de la part des États ». Ils sont prévenus. 

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