Pêche en eau profonde : le Parlement demande plus de sérieux

Les eurodéputés veulent une nouvelle étude d’impact sur la pêche en eau profonde. Une bonne nouvelle pour les élus français qui s’opposent à son interdiction, souhaitée par la Commission.

Les opposants à l’interdiction de la pêche en eaux profondes viennent de marquer un point.

Le président de la commission Pêche du Parlement européen, l’Espagnol Gabriel Mato Adrover (PPE) a demandé, mercredi 17 avril, à la commissaire européenne, Maria Damanaki, de revoir son étude d’impact, en particulier au niveau socio-économique.

Interdiction totale sous deux ans

« Quand on demande à la Commission les conséquences d’une interdiction, elle nous répond que seul 1% de la flotte européenne est concernée. Or, elle oublie complètement que ces bateaux sont concentrés dans quelques ports », explique l’eurodéputée socialiste Isabelle Thomas.

Pour Alain Cadec (PPE/UMP), « la commissaire a voulu aller trop vite. Des vieux chiffres ont été utilisés et elle n’a pas attendu la publication d’une étude importante, sur l’état des stocks ».

En juillet 2012, l’exécutif européen a proposé de bannir purement et simplement, d’ici deux ans, la pratique de la pêche au chalut de fonds, considérée comme extrêmement destructrices pour les écosystèmes marins.

Pour comprendre tout l’enjeu du dossier, lire Pêche en eau profonde : une négociation à couteaux tirés

De nouvelles auditions

La France serait le pays le plus touché par cette nouvelle réglementation et s’oppose depuis longtemps à une approche aussi catégorique.

« Ce que nous défendons, c’est une délimitation claire des zones de pêche en eau profonde », explique Alain Cadec. « N’utiliser que les espaces qui ont déjà été chalutés et protéger les autres ».

Autre point de frictions, les auditions d’experts et de parties prenantes. Les premières ont eu lieu en février et ont été jugées trop favorables aux partisans de l’interdiction, sans laisser la parole aux pêcheurs. 

Mme Thomas est particulièrement véhémente contre la présence de Claire Nouvian – la présidente de l’association Bloom – en tant qu’experte, alors que son ONG milite depuis des années contre la pêche en eaux profondes.

Les nouvelles auditions doivent avoir lieu à la mi-juin. Isabelle Thomas et Alain Cadec souhaitent que les professionnels y soient davantage représentés.

Cette série de contre-temps reporte de plusieurs mois la rédaction du rapport parlementaire. Les députés sont décideurs, au même titre que les Etats. Les élus estiment toutefois avoir encore le temps nécessaire pour boucler le dossier avant les élections européennes de 2014.   

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