Pêche profonde: des quotas en hausse pour 2013 et 2014

Les ministres de la pêche ont accepté d’augmenter fortement les prises de poissons en eaux profondes pour les deux années à venir. Les associations dénoncent le lobbying des armateurs.

Le ministre français de la Pêche est ressorti heureux de la réunion avec ses homologues européens, jeudi 29 novembre. Frédéric Cuvillier, défenseur de la pêche en eau profonde, a salué la décision collective d’augmenter les prises de plusieurs espèces.

Suivant les recommandations du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), le Conseil de l’Union européenne a décidé de réhausser les quotas de sabre noir de 40% en 2013 et de 30% en 2014. Pour les grenadiers de roche, les totaux adminissbles de captures seront accrus de 69% en 2013. Le cas de la ligne bleue sera fixée en décembre. 

Le ministre a ajouté que ces différentes mesures « permettront aux armements français et européens de poursuivre une exploitation raisonnée et durable des stocks d’espèces profondes ».

La France est l’un des rares pays à défendre la pêche en eau profonde. Cette pratique est sujet à controverse dans le milieu scientifique et farouchement combattue par les associations de défense de l’environnement.

Les eaux troubles de la pêche en eaux profondes

En juillet, la Commission européenne a d’ailleurs fait une proposition pour interdire totalement cette méthode de pêche, au grand dam de Paris.

Pêche en eaux profondes, une négociation à couteaux tirés

Les ONG n’ont pas tardé à réagir à l’annonce de l’augmentation des quotas. Pour Bloom, l’une des organisations française la plus active dans ce domaine, ce choix est le résultat d’un « lobbying férocement efficace des armateurs français (…) déployé avec la bénédiction du ministre lui-même et de quelques élus bretons ».

La Scapêche, principale société de pêche hexagonale ayant recours à la pêche en eau profonde, n’a pas encore publié de communiqué en réaction à cette augmentation. En novembre, elle commentait les résultats du CIEM, base de travail des ministres pour prendre leur décision.

L’armateur, rappelait les efforts de transparence et de durabilité pris par la profession depuis plusieurs années, et appelait déjà la Commission à revoir ses positions sur le sujet et les quotas à la lumière des résultats scientifiques « encourageants ». 

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