Les producteurs de « vinhos verdes » attendent des garanties de l’UE

Le vinho verde est produit dans le nord du Portugal. [Jonathan Pincas/Flickr]

Les « vinhos verdes » (vins verts) du nord-ouest du Portugal n’ont pas de concurrent international direct, mais les producteurs souhaitent tout de même que l’UE protège l’appellation dans ses accords commerciaux avec les marchés étrangers. Un article de notre partenaire, Lusa.

« La défense des appellations d’origine européennes nous concerne, nous voulons garantir que les noms de certaines régions européennes sont défendus dans les pays de destination des exportations », a déclaré Manuel Pinheiro, de la commission vinicole de la région des vinhos verdes. Jusqu’ici, le travail de l’UE et des autorités nationales et régionales a été bien accueilli.

« L’Union européenne a fait du bon travail pour défendre les appellations d’origine qui sont inscrites dans les accords [commerciaux] », estime-t-il. « Les États [qui signent ces accords] avec l’UE doivent garantir qu’ils défendront ces indications géographiques, afin qu’elles ne soient pas détournées. »

La commission viticole souligne qu’actuellement le secteur exporte environ la moitié de sa production et qu’une garantie de protection est donc cruciale pour la croissance dans des marchés non européens, comme les États-Unis et le Canada, mais aussi l’Amérique du Sud et l’Asie.

Les aliments européens conquièrent de nouveaux marchés

La promotion des indications géographiques a permis aux produits européens de conquérir de nouveaux marchés friands d’aliments de qualité. Europol souligne toutefois que le nombre de faux augmente et que Bruxelles ne devrait pas fermer les yeux sur les questions de droits intellectuels.

Croissance des marchés d’exportation

Manuel Pinheiro note l’importance de l’accord avec le Canada, à cause de la taille et du potentiel de ce marché pour les exportations portugaises. Tout comme le TTIP, avec les États-Unis, plus grand marché pour le vinho verde, avec l’Allemagne. L’an dernier, les ventes américaines ont atteint le niveau record de 48 millions d’euros, et ce chiffre devrait encore augmenter dans les années à venir.

Si les ventes continuent à croitre outre-Atlantique, c’est également le cas dans des pays comme le Japon ou la Chine, fait-il également remarquer, même si le secteur ne parvient pas à augmenter le prix de vente, fixé à 2,20 euros le litre.

« C’est notre grande difficulté », estime-t-il. « Sur les questions du nombre de marchés et des quantités, nous sommes gagnants, le nouvel objectif est d’augmenter la valeur », un changement « nécessaire pour pouvoir planter de nouveaux ceps et produire du meilleur raisin, pour apporter du meilleur vin aux clients. »

Une année plus pluvieuse que d’ordinaire a fait chuter la production de 20 % l’an dernier, pour un total de 52 millions de litres, mais la qualité était « exceptionnelle », selon le représentant de l’industrie.

Améliorer son image

La coopérative agricole de Felgueiras est l’un des plus gros producteurs de vinho verde de la région, avec plus de 1 000 vignerons et une production annuelle de 5 millions de litres, dont 1,2 million destinés à l’exportation. Ses représentants insistent sur l’impact qu’aurait un renouvellement des ceps. Depuis 2000, 100 hectares de nouveaux plants, de variétés plus productives et qui donnent un vin qui se vend mieux et plus cher, ont été plantés chaque année, explique Rui Madeira, directeur de la coopérative.

Ces dernières années, les exportations concernent avant tout des vins plus chers, comme le vinho verde pétillant, qui sont très appréciés en Russie ou au Brésil, indique-t-il à Lusa. « Nous devons nous débarrasser de l’étiquette de vin à prix bradés », estime-t-il. « Aujourd’hui le vinho verde a une meilleure image de qualité sur la scène internationale, cela nous permet de vendre plus et à des prix plus élevés », conclut-il.

Le domaine de Quinta da Aveleda, à Penafiel, est l’exportateur portugais de vinho verde le plus important. Les deux tiers de ses ventes se font sous l’étiquette Casal Garcia. Martim Guedes, du département marketing, annonce que l’entreprise plantera cette année 50 hectares de nouveaux ceps, afin de répondre à la demande croissante et d’améliorer la qualité de la production.

L’entreprise prévoit un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros cette année, soit 2 millions de plus qu’en 2016. Quinta da Aveleda vend autant aux États-Unis et à l’Allemagne qu’au Portugal, note Martim Guedes.

Le changement climatique risque de pénaliser le vin européen

L’UE est le premier producteur mondial du breuvage alcoolisé, dont la production est menacée par l’évolution du climat, selon un nouvel ouvrage.

 

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