Plus de coopération à l’échelle internationale pour protéger les océans

Parmi les personnages emblématiques de l’histoire du Portugal figure l’explorateur Vasco de Gama. Navigateur de génie, il a fortement contribué à la richesse et au développement de la nation dans la péninsule ibérique. [European Union]

La coopération internationale est plus que nécessaire pour lutter contre les défis mondiaux liés aux ressources maritimes. Le réchauffement des océans nécessite l’intervention des pays du monde entier, selon le ministre portugais des Affaires maritimes.

Parmi les personnages emblématiques de l’histoire du Portugal figure l’explorateur Vasco de Gama. Navigateur de génie, il a fortement contribué à la richesse et au développement de la nation dans la péninsule ibérique.

Étant donné que les océans occupent une place prépondérante dans le passé et l’avenir du pays, il ne fait aucun doute que leur état soit au cœur des préoccupations du ministre portugais des Affaires maritimes Ricardo Serrão Santos.

« Nous n’avons qu’un océan, qui subit de plein fouet les perturbations anthropiques, c’est-à-dire d’origine humaine », a-t-il déclaré. De ce fait, l’Europe doit renforcer ses efforts en matière de coopération pour garantir une bonne gouvernance des océans.

En qualité de biologiste marin et d’ancien législateur à la commission de la pêche (PECH) du Parlement européen, M. Serrão Santos a souligné que la pollution plastique et la surpêche ne constituaient que la partie émergée de l’iceberg.

D’après lui, l’acidification et la perte d’oxygène représentent un problème majeur, car ils entraînent le réchauffement des océans et bouleversent l’ensemble du monde aquatique.

Dans ce contexte, l’augmentation de la température de l’eau n’est pas l’affaire d’un seul pays. Il convient ici de mobiliser la communauté internationale.

Depuis 2015, les choses semblent quelque peu bouger : la protection des océans est devenue un objectif à part entière au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU).

« En tant que scientifique marin, j’étais très surpris et presque vexé par le peu d’importance accordée aux océans dans l’accord de Paris sur le changement climatique », a indiqué le ministre, rappelant que le concept même de « réchauffement climatique » avait été estampé par un océanographe.

Outre les lacunes de l’accord de Paris, la première Évaluation mondiale de l’océan a été réalisée par l’ONU en 2015 tandis que le rapport spécial sur l’océan et la cryosphère du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été publié en 2019.

« Les gouvernements autour du globe semblent désormais prêts à agir. Ils se montrent plus ambitieux et demandent des objectifs [plus stricts]. »

Le Parlement alerte sur les effets néfastes des microplastiques pour les consommateurs de poissons et crustacés

« Si on mange du poisson ou des crustacés, on ne sait pas encore très bien quels sont les risques toxicologiques d’avoir ingéré du plastique », déclare Natacha Tullis, l’assistante parlementaire de Catherine Chabaud.

Les sciences ne sont pas suffisantes

Aux yeux M. Serrão Santos, le savoir scientifique est la clé pour garantir le caractère performant et durable des systèmes alimentaires. Ce faisant, il contribue également à rendre les collectivités côtières à travers le monde justes et équitables.

« Néanmoins, sans bonne gouvernance, les sciences ne sont pas suffisantes », a-t-il fait remarquer, avançant que les scientifiques pouvaient certes donner des pistes d’action, mais qu’il incombait aux autorités d’œuvrer à leur concrétisation.

De plus, la désinformation sur le milieu marin représente un autre défi qu’il convient d’aborder à l’échelle internationale afin d’instruire la population, étant donné que le sérail politique et scientifique ne devrait pas avoir l’apanage des processus décisionnels dans ce domaine.

L’économie bleue

Les océans figurent parmi les priorités phares du programme du Pacte vert pour l’Europe et les ministres de la Pêche se sont entretenus mardi (8 juin) sur l’élaboration d’une politique maritime intégrée. Affaire à suivre.

Comme l’avait anticipé le ministre portugais, la déclaration définitive à ce propos sera divisée en quatre objectifs : les océans essentiels à la vie ; la protection et la préservation ; l’atténuation ; et une économie durable, bleue, équitable et inclusive.

L’économie bleue est un système économique visant une exploitation durable des ressources des secteurs marin et maritime.

Economie de la mer : le Pacte vert de l'UE sera aussi "bleu", promet Bruxelles

Un nouveau fonds de l’UE sera mis à contribution, selon la Commission, qui compte également s’appuyer la Banque européenne d’investissement.

L’impact de l’éolien marin et notamment des parcs éoliens en haute mer sur les exploitations piscicoles suscitent en outre plusieurs inquiétudes.

« La situation est tendue, bien entendu. Le sujet doit être négocié en prenant en compte l’ensemble des activités économiques maritimes, y compris la pêche, le tourisme et l’aquaculture. Je pense toutefois que les pars éoliens donneraient un élan considérable à la transition écologique », a soutenu le représentant portugais.

Selon lui, leurs répercussions pourraient être minimisées en se concentrant sur la planification de l’espace maritime et les consultations publiques.

« Je crois aussi que l’éolien marin pourrait être bénéfique pour les exploitations piscicoles, étant donné qu’il créerait des zones d’interdiction de la pêche pouvant servir de réserves protégées », a-t-il renchéri, ajoutant que les parcs offshores favorisaient le regroupement d’organismes en seul endroit – les algues, coraux et moules. L’endroit rêvé pour les poissons.

Attention à l’aquaculture

L’aquaculture constitue un autre élément de l’économie bleue. Même si le Portugal n’est pas particulièrement engagé dans cette activité, M. Serrão Santos reconnaît qu’elle pourrait être avantageuse si le secteur parvient à tirer les leçons du passé.

« L’aquaculture n’est pas le diable incarné », a-t-il maintenu, tout en expliquant que les pays en avaient fait mauvais usage par le passé.

En effet, les forêts de mangroves qui poussent dans les zones tropicales ont été détruites pour laisser la place à la culture de crevettes. Dans ce cadre, le ministre estime qu’il convient d’attirer l’attention sur l’aquaculture « non nourrie » et multitrophique.

La surpêche, une catastrophe écologique dans la mer Noire

Les stocks halieutiques s’amenuisent dans la mer Noire et les répercussions de la pêche commerciale sont de plus en plus nuisibles à l’environnement. Un constat qui attire l’attention des ONG et législateurs européens. Un article d’Euractiv Bulgarie.

La fin des subventions nuisibles

Interrogé sur la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devant se focaliser sur la suppression des subventions nuisibles octroyées aux exploitations piscicoles, M. Serrão Santos a répondu que la problématique avait été abordée à l’échelle européenne grâce à la dernière réforme de la politique commune de la pêche (PCP).

Les subventions dommageables font référence au soutien public pour la construction de navires et à d’autres investissements dans la capacité de la pêche ; des facteurs jouant un rôle majeur dans la surpêche.

« Auparavant, la PCP avait entraîné une surcapacité. Mais la nouvelle réglementation ne permet plus le soutien public dans la construction de nouveaux bateaux. De plus, des restrictions existent désormais dans l’augmentation de la capacité [de la pêche]. »

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Le contenu du présent rapport ou de la présente publication reflète uniquement la position de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. La Commission européenne n’assume aucune responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des informations qu’il/qu’elle contient.

From Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer