Près de la moitié des Français ont réduit leur consommation de viande

Près d’un Français sur deux, soit 48% des sondés, disent avoir réduit leur consommation de viande au cours des trois dernières années. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque 30% des personnes interrogées ont indiqué vouloir en consommer encore moins dans les trois prochaines années. [Shutterstock]

Selon les résultats du sondage d’Harris interactive publié ce jeudi (25 février), les Français ont tendance à manger moins de viande qu’auparavant. Une évolution des habitudes alimentaires qui apparaît bienvenue, sur un plan environnemental comme sanitaire.

N’en déplaise aux réfractaires du menu végétarien, les Français souhaitent réduire leur consommation de viande et, quand ils en mangent, opter pour un produit de qualité. C’est le constat qu’a tiré Harris interactive dans un récent sondage commandé par l’association environnementale Réseau Action Climat.

Les chiffres sont sans appel : près d’un Français sur deux, soit 48% des sondés, disent avoir réduit leur consommation de viande au cours des trois dernières années. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque 30% des personnes interrogées ont indiqué vouloir en consommer encore moins dans les trois prochaines années. Parmi les raisons qui poussent aujourd’hui les Français à adopter un régime moins carné, l’institut de sondage mentionne en premier lieu le facteur santé – pour 43% des personnes interrogées -, suivi du bien-être animal (36%), du prix de la viande (33%) et de son impact environnemental (également 33%).

Moins mais mieux

Si les Français tendent à réduire leur consommation de viande, la bidoche a encore de belles années devant elle. Dans l’Hexagone, on l’apprécie toujours autant. Comme le pointe le sondage, une écrasante majorité (96%) indique en consommer au moins de temps en temps. En faisant des économies liées à la réduction de leur consommation de viande, 42% souhaitent réinvestir ce budget dans une alimentation de meilleure qualité, viande comprise.

Les éleveurs français peuvent donc être rassurés, d’autant plus que la consommation de viandes locales, ou au moins produites en France, représentent le premier critère que les sondés prennent en compte dans leurs achats, devant le goût, le prix ou la présence de label.

Impact environnemental

Face à l’urgence climatique, ces résultats sont encourageants. Les élevages – et encore plus s’ils sont intensifs – impliquent la consommation d’importants volumes d’eau, de sols pour faire pousser l’alimentation du bétail, de transports, parfois à l’autre bout du monde, etc. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de viande et de produits laitiers représentent désormais près de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Or, l’évolution vers une alimentation moins carnée peut faire la différence, comme l’a souligné le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans un rapport publié en 2018. Selon leurs analyses, un passage global au « flexitarisme » (un régime où trois quarts de la viande et des produits laitiers sont remplacés par des alternatives à base de plantes) permettrait de diminuer ces émissions d’un peu plus de 5 milliards de tonnes de CO2e chaque année d’ici 2050. Une baisse non négligeable pour réussir à limiter le réchauffement planétaire à 1.5°C – soit l’objectif de l’Accord de Paris.

« On se situe dans le top 6 mondial »

Malgré cette tendance à consommer moins de viande, des progrès peuvent encore être réalisés, comme le rappelle Anthony Fardet, chercheur en nutrition préventive à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) : « En France on est, selon l’étude INCA de l’Anses, à 40% de calorie animale par jour. On se situe dans le top 6 mondial. L’idéal serait de réduire notre consommation de viandes par deux, au moins ».  

Selon le chercheur, on peut le faire « sans risque nutritionnel ». « Pour cela, il faut bien varier les produits animaux restants et les produits végétaux, et surtout éviter les produits ultra-transformés. Je tiens à rappeler que les régimes qui existent depuis la nuit des temps et permettent aux gens d’être en bonne santé et de protéger la planète sont à moins de 25% de calories animales. Dans le régime méditerranéen, c’est maximum 25%. À Okinawa, on est même moins de 10%. Et cela n’empêche pas d’avoir des centenaires », martèle le chercheur.

Alors qu’une polémique autour de menus végétariens, instaurés par le maire EELV Grégory dans les cantines scolaires lyonnaises, a enflammé ces derniers jours des réseaux sociaux jusqu’au gouvernement, le sondage d’Harris interactive montre l’enthousiasme des Français vis-à-vis de ces évolutions alimentaires. 80% des sondés ont dit être favorables à ce que la restauration collective (cantines, maisons de retraites, hôpitaux, etc) soit obligée de proposer des menus végétariens. Ils se prononceraient également en faveur d’une implication accrue des pouvoirs publics sur ces questions alimentaires : que ce soit pour mettre en œuvre « des mesures visant à limiter les exploitations les plus industrielles » (83%), à promouvoir « les élevages durables » (88%) ou pour « un encadrement renforcé des échanges commerciaux avec les distributeurs, permettant aux producteurs d’être mieux rémunérés » (89%).

Ces thématiques agro-alimentaires seront justement au menu des débats ces prochaines semaines. Au niveau européen, dans le cadre de la renégociation de la Politique agricole commune (PAC), actuellement en cours, mais aussi au niveau national, avec le projet de loi climat et résilience, dont les débats parlementaires, très attendus, devraient débuter ce vendredi (26 février).

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