Réduction des émissions de C02 : les engagements français difficilement réalisables

Un rapport publié par le Centre d’analyse stratégique démontre que l’objectif français de diviser par quatre ses émissions de Gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 est compromis. L’auteur, Jean Syrota, souligne que de plus amples efforts doivent être faits au niveau européen. Cette analyse paraît quelques jours avant les conclusions du Grenelle de l’environnement.

Contexte :

En 2005, la France s’est engagée à diviser par quatre ses émissions de GES d’ici à 2050  : c’est le « facteur 4 ».

Dans son paquet énergie présenté le 10 janvier 2007, la Commission fait une série de propositions. Validées par le Conseil européen de mars 2007, elles engagent l’Europe à réduire de 20% d’ici à 2020 ses GES, par rapport au niveau de 1990.

Enjeux :

Le facteur 4 français mis en doute

Dans son rapport intitulé « Perspectives énergétiques de la France à l’horizon 2020-2050 », le Centre d’analyse stratégique (CAS) évalue les promesses françaises dans ce domaine et estime les engagements de la France intenables.
« Avec la meilleure volonté du monde, la France pourrait diviser ses émissions de CO2 par 2,1, d’ici à 2050, voire par 2,4, mais certainement pas par 4 », indique le CAS.

« Par rapport à ses principaux partenaires européens – l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Grande Bretagne –, la France a pris une importante avance en matière de limitation d’émissions de CO2 en « décarbonant » avant 1990 presque totalement sa production d’électricité », constate le CAS.

Par conséquent, « les marges de progression dans la réduction des émissions de CO2 dans le secteur de l’électricité en France ont déjà été largement consommées ».

Des propositions d’amélioration des mesures européennes

S’il est mis en œuvre équitablement entre les différents États membres, un « facteur 4 européen » permettrait d’une part d’égaliser le taux d’émission de chaque habitant européen et, d’autre part, de diviser par 2,5 les émissions de GES en France, estime le CAS.

Le rapport propose également « le renforcement et l’amélioration du mécanisme européen actuel d’allocation des quotas d’émissions au sein de l’UE ». Avec une uniformisation des règles nationales en matière d’allocation des quotas, une diminution de 20% des émissions de GES serait réalisable.

Au delà du  facteur 4 pour l’UE  : des objectifs peu envisageables

Les associations de protection de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique avaient manifesté leur volonté d’aller plus loin que les engagements pris par Bruxelles, lors des négociations sur le Grenelle de l’environnement.

L’Alliance pour la Planète avait en outre déclaré qu’ « il est techniquement et économiquement possible d’atteindre le facteur 4, à condition de modifier radicalement la façon dont nous produisons et économisons l’énergie ».

L’analyse développée dans le rapport tend cependant à démontrer qu’un objectif tel qu’un « facteur 6 » européen, dont la déclinaison française serait un « facteur 4 », semble difficilement réalisable.

Du moins, un tel engagement nécessiterait « des mesures dont l’ampleur, la nature ou les conditions de mise en oeuvre conduiraient, pour certaines, à une réglementation des comportements reposant sur des prohibitions radicales, voire à un changement de société ».

Positions :

La publication du texte a suscité plusieurs réactions. Ainsi, le PS regrette que « ce rapport semble appeler à l’abandon de l’objectif facteur 4 ».

France Nature Environnement a quant à elle rappelé que, « malgré des émissions par habitant de gaz à effet de serre relativement modérées, (la France) demeure un très mauvais élève sur le plan de l’énergie ».

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