Réforme de la PAC : le commissaire est inquiet

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Devant les syndicats agricoles réunis à Budapest, Dacian Ciolos s’est dit inquiet de la tournure des négociations sur la réforme de la politique agricole commune.

Les États et le Parlement européen débattent et négocient depuis plus d’un an de la réforme de la politique agricole commune (PAC). Les prochains mois seront cruciaux. Les discussions doivent être bouclées pour le printemps 2013 au maximum, pour permettre ensuite aux administrations de transposer les textes pour une mise en place effective au 1er janvier 2014. 

« Idées dangereuses »

Mais le commissaire à l’Agriculture craint qu’au fur et à mesure des tractations, la réforme ne soit détricotée.

Face à un parterre de professionnels réunis à Budapest le 2 octobre, Dacian Ciolos a exprimé « son inquiétude ». Le risque d’une coupe dans le budget de la PAC est de plus en plus présent, c’est « une tendance (…) forte », a-t-il souligné.

Ce scénario impliquerait « des sacrifices » mais il n’est pas question pour lui que la politique de développement rural soit purement et simplement démantelée, au nom de la sanctuarisation des subventions directes. 

Un membre des services de la direction générale de l’Agriculture a confié à EURACTIV.fr que l’objectif de cette intervention était « d’alerter des idées dangereuses pour l’avenir de l’agriculture européenne qui circulent ». 

Convaincre au plus près

M. Ciolos a aussi critiqué ceux qui caricaturent ses propositions. En particulier celles qui touchent à l’environnement.

En octobre 2011, il a présenté le souhait de conditionner 30% des aides directes versées aux agriculteurs au respect strict de trois normes environnementales (diversification, zones de réserves biologiques, maintien de prairies).

Depuis, certains États s’activent à vider cette proposition de son sens en demandant la mise en place d’un menu plus large de réglementations dans laquelle chacun pourrait piocher. Le commissaire y voit « une ligne rouge ». Il est toutefois prêt à accepter des mesures « d’équivalence » – en raison de la diversité des contraintes agricoles – mais qui seraient étroitement contrôlées par ses services pour juger de leur efficacité réelle. 

Le commissaire cherche à convaincre les agriculteurs et gouvernements du bien-fondé de ses mesures. « Pendant longtemps, l’Irlande a été favorable au menu, mais grâce à la visite de M. Ciolos la semaine dernière nous pouvons voir un infléchissement de leur position », a précisé cette source proche du dossier.

« Il s’agit d’éviter toute distorsion de concurrence entre les agriculteurs de l’UE qui auraient ou non des règles environnementales à respecter ».

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