Réforme de la PAC, revenus équitables : les agriculteurs français se mobilisent pour « avertir » le gouvernement

La FDSEA du Grand Bassin Parisien appelle à la mobilisation en Ile-de-France ce vendredi 2 avril pour dénoncer les bas revenus des agriculteurs et la réforme de la PAC. [ETIENNE LAURENT/epa]

Partout en France, les manifestations d’agriculteurs pour des revenus justes se multiplient. Ce vendredi (2 avril), une nouvelle mobilisation s’annonce en Île-de-France, où les agriculteurs comptent gagner les rues pour dénoncer la réforme de la Politique agricole commune (PAC).

« France, veux-tu toujours de tes paysans ? » C’est par cette interrogation que le syndicat agricole FDSEA du Grand Bassin Parisien appelle à la mobilisation en Île-de-France ce vendredi. Les agriculteurs franciliens, « attachés au devenir de leur métier » manifesteront pour donner un « 1er avertissement au gouvernement », selon un communiqué de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs.

La motivation derrière cet appel : dénoncer la réforme de la PAC européenne qui, selon les syndicats agricoles, va « réduire les moyens de production de sorte que bon nombre de paysans cesseront leur activité » et les « arbitrages » politiques de l’exécutive française qui feraient de l’agriculture une filière « en voie de disparition ».

Pour les agriculteurs, il s’agirait aussi d’adresser un message « à nos concitoyens les alertant de l’urgence de sauver l’agriculture française » sans laquelle « notre autonomie alimentaire et la préservation de nos productions nationales de qualité » ne pourront être garanties.

"Célébrés" par le gouvernement, les agriculteurs français dénoncent le "malaise agricole"

Suicides, pauvreté, faillite : des agriculteurs ont manifesté jeudi (4 mars) à Paris pour dénoncer le « malaise agricole » alors que le ministre de l’Agriculture multiplie les messages pour « célébrer » celles et ceux qui nourrissent la France.

Ce n’est pas la première manifestation de la sorte : le 9 mars, des éleveurs s’étaient mobilisés dans le Massif Central pour exiger des prix à la hauteur des coûts de production. Et la semaine dernière, c’est à Lyon et à Clermont-Ferrand que des milliers d’agriculteurs ont manifesté, revendiquant sur Twitter une modification de la loi EGALIM pour « des prix agricoles fixés selon les coûts de production » et une PAC « de fermes, pas de firmes » qui « se donne l’ambition d’avoir des Agriculteurs nombreux, dans tous les territoires et dans toutes les productions ».

Les questions des prix et de l’avenir du monde agricole ne cessent de chauffer les esprits depuis plusieurs semaines déjà. Un rapport du Sénat, publié le 17 mars, a fait état de l’ « immense détresse » dans laquelle se trouvent de très nombreux agriculteurs français, dû notamment à la « faiblesse du revenu agricole et le sentiment de dénigrement » de la profession par un « agribashing lancinant ». Deux facteurs qui donneraient aux agriculteurs un sentiment d’ « abandon de la société, créant un décalage criant entre la vocation de l’agriculteur, celui de nourrir la population, et sa juste reconnaissance ».

La Commission laisse le secteur agricole attendre comme des "animaux à l'abattoir"

« Sans nous montrer quelles seraient les conséquences de ces nouvelles initiatives sur le secteur agricole, nous attendons comme des animaux à abattre« , a déclaré Pekka Pesonen, secrétaire général de l’association des agriculteurs et des coopératives de l’UE, COPA-COGECA, lors d’un récent événement EURACTIV.

Alors que la négociation annuelle des prix pour les produits agroalimentaires s’est une fois de plus enlisée au début du mois de mars et que la réforme de la PAC exige un engagement fort du monde agricole pour amorcer une transition agroécologique jugée inapplicable par beaucoup d’agriculteurs, ces derniers donnent libre voix à leur frustration.

L’objectif principal de la PAC serait de « fournir un complément de revenu indispensable à la mise en marché des matières premières que le marché ne rémunère pas à sa juste valeur », estime la FDSEA sur Twitter. Mais « aujourd’hui, la PAC que l’on nous vend ne s’intéresse plus à la réalité du marché », dénonce le syndicat qui critique que « la PAC s’oriente de plus en plus vers un financement d’actions environnementales déconnectées de l’acte de production ». Ceux qui « ne pourront pas rentrer dans les cases prévues » seraient laissés pour compte, selon la FDSEA.

De son côté, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a récemment multiplié les messages de soutien à la filière, martelant sur Twitter qu’il n’y aurait « pas de pays fort sans agriculture forte » et qu’il fallait « avoir le courage de financer notre agriculture à son juste prix ».

Des paroles qui ne suffisent vraisemblablement pas pour convaincre les agriculteurs.

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