Réforme de la pêche : les Etats assouplissent leur position

Ce léger infléchissement doit permettre de trouver un accord final avec le Parlement. Les ministres ont accepté de renforcer les mesures de défense des stocks de poissons.

Pas moins de 36 heures de négociations ont été nécessaires, mardi 14 mai, aux ministres de la Pêche pour arriver à un compromis.

Ils avaient pour mission de délimiter les nouveaux contours du mandat de négociations de la présidence irlandaise dans le dossier de la réforme de la Politique commune de la pêche.

Un peu moins de rejet

Depuis le mois de mars, Dublin tente de trouver un accord avec le Parlement européen, co-législateur dans ce domaine. Face à des députés bien plus exigeants en matière environnementale, le ministre irlandais, Simon Coveney, a demandé à ses homologues de faire évoluer leur position.

Ainsi, le Conseil est prêt à accepter un taux de rejet en mer des captures de seulement 5% en 2019, contre 7% précédemment.

Aujourd’hui, les pêcheurs n’ont aucune obligation de ramener à terre les prises non désirées. Cette nouvelle contrainte est fortement contestée par les intéressés.

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La France s’est toujours battue, aussi bien au Conseil qu’au Parlement contre l’interdiction pure et simple des rejets, voulue par exemple par les Suédois. Stockholm a ainsi voté contre le texte final, estimant que les entraves à la défense de l’environnement étaient trop importantes. 

« Là où c’est possible »

Les Etats ont également accepté de rapprocher leurs positions de celles du Parlement et de la Commission sur la notion de rendement maximum durable (RMD), qui détermine la quantité de poissons pouvant être pêchée sans menacer une espèce.

Les deux institutions souhaitent conditionner strictement les quotas au respect du RMD. Les ministres en ont accepté le principe, mais uniquement « là où c’est possible ».

« Proposition raisonnable »

Le ministre français de la Pêche, Frédéric Cuvillier a salué le compromis. « Il permettra de promouvoir une pêche durable et responsable, tout en assurant la praticabilité de sa mise en œuvre », indique-t-il dans un communiqué.

Même satisfaction à la Commission européenne. « Aujourd’hui, le Conseil a fait un pas en avant. Il a véritablement essayé de se rapprocher du Parlement afin d’essayer de dégager une base commune et je crois qu’un accord est possible, s’est réjouie la commissaire européenne en charge du dossier Maria Damanaki.

Le président de la commission Pêche du Parlement, l’espagnol Gabriel Mato, a aussi vu un signal positif. «Je pense qu’il s’agit d’une proposition raisonnable pour commencer les négociations », a-t-il déclaré. 

Les ONG de défense de l’environnement Oceana et Greenpeace jugent cependant cet accord insuffisant pour reconstituer les stocks de poissons. 

Après ce pas en avant de la part du Conseil, la présidence irlandaise a bon espoir de boucler les négociations de la PCP d’ici la fin de son mandat, le 30 juin. 

« J’espère que nous sommes à la veille d’un accord définitif concernant la réforme de la Politique commune de la pêche », a déclaré Simon Coveney. Il s’agira d’une réforme fondamentale dans la façon dont nous pêchons. »

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