Le président français Nicolas Sarkozy s'est dit prêt hier (24 mars) à déclencher une crise au sein de l'UE pour empêcher le démantèlement de la politique agricole, alors qu'il cherche à rassurer des agriculteurs mécontents dans un pays qui est le plus gros producteur agricole en Europe.
La France est le plus gros bénéficiaire de subventions de la politique agricole commune (PAC), recevant environ 20 % des 40 milliards d'euros du budget agricole de l'UE pour 2009.
Les discussions entre les 27 pays de l'UE sur le renouvellement de la PAC pour la période après 2013 démarrent cette année, et opposeront les fervents partisans d'une régulation forte comme la France aux adversaires traditionnels comme le Royaume-Uni qui préconisent une politique orientée vers le marché.
Je le dis clairement, je serais prêt à ce qu'il y ait une crise en Europe avant d'accepter le démantèlement de la PAC, a-t-il affirmé à la sortie d'une réunion du gouvernement mercredi.
Je ne laisserai pas notre secteur agricole mourir.
Le président français a dit que défiler la politique agricole de l'UE laisserait la détermination des prix à la spéculation et priverait les agriculteurs de vivre décemment de leur activité.
S'adressant à des représentants de l'agriculture lors du salon de Paris plus tôt dans le mois, M. Sarkozy avait déjà appelé l'Europe à défendre ses standards de production contre les importations, ce qui selon lui serait une condition préalable pour que la France accepte une quelconque réduction du budget de la politique agricole.
Les unions d'agriculteurs rassurées
Le ton sévère de M. Sarkozy sur les discussions agricoles de l'UE survient alors qu'il cherche à rassurer les électeurs des zones rurales, qui sont des circonscriptions clé pour son gouvernement convervateur, après la défaite retentissante aux élections régionales ce mois-ci (EURACTIV 22/03/10).
La plus grande union agricole de la France a salué les propos du président.
Notre réaction montre qu'au moins le président nous a entendus et parle d'agriculture, a confié Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, lors d'une conversation téléphonique avec Reuters.
Lorsque le président dit qu'il est prêt à ce qu'il y ait une crise européenne, ce n'est plus seulement la question d'être ferme : nous avons une réelle sensibilisation du rôle fondamental de l'agriculture.
Le président français a déjà rencontrer des groupes d'agriculteurs la semaine dernière avant le second tour des élections régionales françaises qui ont eu lieu dimanche, et a promis que de nouvelles mesures seraient annoncées le mois prochain, d'après un représentant de l'agriculture.
La FNSEA a dit qu'elle attendait désormais que la France montre la même détermination lors de ses rencontres avec les autres pays de l'UE, appelant à une régulation du marché et une harmonisation des règles dans l'Europe comme les fondements de la future politique agricole.
Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a rassemblé 22 pays à la fin de l'année dernière afin d'appeler à une PAC plus forte, mais la France sera certainement confrontée à une forte opposition des autres Etats membres de l'UE, comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, ainsi que de la Commission, qui souhaiteraient réduire les dépenses sur l'agriculture (EURACTIV 11/12/09).
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)

